‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 67 sur 312 · I. Ibid., p · texte numérisé non relu

I. Ibid., p

possible de le donner aux autres ou aux autres de nous le donner à nous-mêmes ; notre bonne volonté, si parfaite que soit sa conformité à la loi du devoir, ne peut réussir à modifier l'inflexible trame de la nécessité. Ce n'est pas très encourageant. Le bonheur des autres est une fin toute chimérique ; c'est Dieu qu'il faudrait convaincre, c'est de lui qu'il faudrait l'obtenir. Mais nous ne savons rien de ce qu'il est, ni de ce qu'il veut, et encore bien moins comment agir sur lui.

Toute celte théorie n'est donc qu'un tissu de difficultés et d'inconséquences.

Après ces généralités, Kant présente des considérations relatives aux devoirs d'obligation large et aux devoirs d'obligation étroite, sur lesquels je reviendrai, et achève son introduction en développant de nouveau cette thèse que les divers sentiments: « sentiment moral, conscience, amour du prochain, respect de soi-même ' » ne peuvent fournir l'objet d'aucun devoir; « il ne peut y avoir de 'devoir qui oblige à les acquérir, car ce ne sont pas des conditions objectives'' servant de fondement à la moralité ^ )>. Il passe ensuite à Tétude détaillée des divers devoirs particuliers.

/i. DÉTERMINATION DES DEVOIRS DE VERTU

Voyons d'abord l'aspect qu'offre la construction dans son ensemble ; nous examinerons ensuite, sur quelques exemples, comment les lois générales de la raison pratique permettent de déterminer ces devoirs et quelle signification morale elles leur donnent.

Kant divise les devoirs, suivant l'usage traditionnel, en devoirs envers soi-même et en devoirs envers les autres hommes. Les devoirs envers Dieu disparaissent nécessairement, puisque la réalité objective de Dieu n'est pas un objet de connaissance. Les devoirs envers soi-même comportent des obligations négatives ou restrictives et des obligations positives; d'autre part on peut les classer, d'après Kant, suivant qu'ils concernent l'homme « en tant qu'animal » ou l'homme « en tant que personne morale » ; il en est de même des obligations envers les autres hommes. On arrive ainsi à un tableau des devoirs, qui rappelle celui des catégories:

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