‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 76 sur 312 · L'INDIFFÉRENCE AUX MALHEURS D'AUTRLI · texte numérisé non relu

L'INDIFFÉRENCE AUX MALHEURS D'AUTRLI

La pétition de principe est plus évidente encore dans le quatrième exemple. Kant ne prend même plus la peine d'essayer de la dissimuler, malgré la forme logique de son raisonnement.

Un homme est tenté de se refuser à secourir son prochain malheureux. « On ne peut pas vouloir qu'un pareil principe ait partout la valeur d'une loi de la nature, nous dit-il dans les Fondements de la métaphysique des mœurs. Car une volonté, qui voudrait une telle chose, se contredirait elle-même : il peut, en effet, se présenter bien des circonstances où nous ayons besoin de laffection et de la sympathie des autres et alors, en vertu de cette même loi née de notre volonté, nous nous enlèverions toute espérance d'obtenir le secours que nous désirerions pour nous-mêmes'. » Et Kant s'exprime encore de même dans la Métaphysique de la vertu : « Si tout homme adopte pour maxime de ne pas secourir les autres quand ils sont dans le besoin, ou s'il fait de la bienfaisance une loi générale facultative, alors chacun lui refusera ou du moins sera autorisé à lui rejuser également son assistance dans le besoin. Cette maxime de l'intérêt personnel se contredit donc elle-même, lorsqu'on l'érigé en loi universelle, c'est-à-dire qu'elle est contraire au devoir'. »

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