‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 87 sur 312 · I. Ml · texte numérisé non relu

I. Ml

, ri

lî

Le plan même de la Métaphysique du droit, que nous allons suivre, en est une nouvelle confirmation. Après les définitions de principe, Kant passe, en elTet, à deux déterminations très générales de ridée de législation juridique : le droit individuel de liberté et le droit social de contrainte, qui font pendant aux concepts de perfection de soi et de bonheur d'autrui dans la Métaphysique de la vertu. Il étudie ensuite les déterminations particulière;» du droit privé et public, qui correspondent aux déterminations particulières des vertus.

a. LE DROIT DE LIBERTÉ

La formule générale et complète de la loi morale : « Agis de telle sorte que la maxime de ton action puisse valoir en même temps comme principe de législation universelle » renferme, selon Kant, deux autres principes qui s'en dégagent par analyse, dont lun est la règle fondamentale de la doctrine de la vertu et Tautre la règle fondamentale de la doctrine du droit.

Nous connaissons la première : « Agis suivant une maxime dont chacun puisse se proposer les fins suivant une loi générale. » Voici la seconde : « Agis extérieurement de telle sorte que le libre usage de ta liberté puisse s'accorder a\ ec le libre usage de la liberté de chacun suivant une loi générale'. »

Cette nouvelle forme de principe est-elle équivalente aux précédentes?

Il faut d'abord bien l'entendre. Cette loi générale, suivant laquelle les libertés doivent s'accorder, n'est pas l'intérêt ou le bien public ou quelque idéal supérieur, conçu comme fin de la société, c'est <( Y égalité, c'est-à-dire cette indépendance qui fait qu'on ne peut être obligé par les autres à rien de plus que ce à quoi on peut les obliger soi-même à son tour, cette propriété qu'a l'homme d'être son propre maître'... La doctrine du droit se réduit au mien et au tien extérieurs ' ». C'est la théorie strictement individualiste.

Kant ne peut poser d'autre idéal moral supérieur que Ja forme même de loi générale. Et cependant il en introduit un : le droit

Page 1