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XVI. — 5. LA MONOGAMIE LIBRE

Il semblerait que la grande sévérité avec laquelle on juge l'infidélité de la femme s'explique parce qu'elle entraîne pour la famille des conséquences beaucoup plus graves que celle de 1 homme, dont les aventures extra-conjugales n'ont pas nécessairement de suites appréciables à cet égard. Ces raisons perdent cependant leur valeur devant l'entière égalité des droits exigée par la monogamie libre. S'il n'est satisfait à cette exigence, la polygamie existe en réalité. Aussi bien, la différence des jugements portés sur l'infidélité masculine et féminine provientelle d'une étape de l'évolution où la femme s'était re-ardée comme une propriété de l'homme (Cf. XV, 1). Cette difl'érence s est conservée même après que la monogamie libre a été officiellement reconnue.

Un auteur italien, Maxtegazza i, défend vivement cette difl^érence de jugement. II s'appuie pour cela sur deux raisons principales. D'abord toute la tâche morale de la femme serait d'après lui, contenue dans la famille. Tandis qu'une foule de vertus sont exigées de l'homme, appelé h travailler et à lutter dans tant de conditions variées, la fidélité serait la seule exi-ée de la femme : « Serait-ce encore trop ? >, — En second lieu l'homme serait par nature porté à la polygamie : il est plus inconstant, plus brutal, plus capricieux et sensuel que la femme laquelle n'est pas aussi facilement dominée par l'emportement des sens. Mantegazza dépeint cette difl'érence sous des couleurs SI vives qu'on h peine à comprendre comment un être si pur puisse succomber parfois. Du moins serait-il équitable de ne pas porter le jugement le plus sévère sur l'ange tombé mais bien sur le mauvais diable qui l'a poussé à la chute, surtout si ceux-là ont raison qui croient la chute de la femme due bien plus souvent que celle de l'homme, à des motifs supérieurs à la simple sensualité. — Qu'il existe une certaine difl^érence, cela n'est évidemment pas incontestable. Mais c'est l'exagérer au delà de toute mesure que de borner toute la mission humaine de la femme aux devoirs de la famille. Et même dans ce cas, la femme aurait encore d'autres vertus à montrer que cette vertu unique, quel qu'en soit d'ailleurs le prix.

6. — La monogamie libre, telle qu'on l'a décrite dans ce qui précède, est sans doute un idéal, mais ce n'est pas un idéal

• Die Physiologie der Liebe. léna, 1877, p. 3ol sqq.

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