‹ Morale [microform]Chapitre 123 sur 284 · XVI. - 6. LA MONOGAMIE LIBRE · texte numérisé non relu

XVI. - 6. LA MONOGAMIE LIBRE

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une des impulsions naturelles les plus violentes à des lois morales et sociales correspondant h un degré de vie plus élevé que celui où l'homme commence seulement à se différencier de l'animal. Mais la pire issue serait celle qui conduirait à ravaler l'idéal : ce serait le commencement d'un recul. — Les prescriptions légales, la contrainte et la prédication pharisaïque n'auront que peu d'effet. Une éducation saine et harmonieuse, un vif sentiment du droit de tous les hommes h une vie personnelle, un grand amour de l'humanité, voilà quels seront les meilleurs appuis dans la lutte. L'important c'est surtout d'empêcher la vie sexuelle de s'isoler du reste de la vie psychique. Qu'elle exerce sa séduction et inspire l'enthousiasme comme elle est capable de le faire, rien de mieux ; mais qu'elle reste aussi dans les limites convenables, car elle n'est qu'un élément unique dans l'ensemble de la vie. Tout homme qui s'efforce de se conduire d'après ces principes contribue pour une part essentielle au bien du genre humain.

Cependant la persistance de Thétairisme ne tient pas seulement, nous l'avons déjà dit, à ce que l'instinct a gardé encore son caractère indomptable, mais aussi à ce que le dénuement matériel, les malheurs physiques et moraux, sont des obstacles à une vie purement humaine. S'il est vrai qu'à Londres une jeune servante sur sept, à Hambourg une sur neuf fasse trafic de son corps S la faute n'en est pas uniquement à l'instinct naturel, mais il faut y voir aussi l'effet de circonstances matérielles et sociales. Nous sommes ici en présence de l'une des ramifications de la question sociale, cet abîme auquel nous sommes conduits de tant de cotés différents. C'est surtout l'extrême misère qui pousse un si grand nombre de malheureuses à se prostituer -. Un développement meilleur et plus indépendant des facultés féminines donnera à la femme à la fois une plus grande

* OEttingex. Moralslalistik. 3« éd., p. 197. — A Copenhague, parmi les servantes (le vingt à trente ans, la proportion des femmes légères est d'un peu plus de 1 p. 100. M. Rubix, dans « Nalionalôkonomisk Tidsskrifl » (Revue d'économie politique), 1887, p. 40.

* Prosper Despine. Psychologie naturelle, Paris, 1868, III, p. 215 (m Ce n'est pas seulement leur propre misère qui pousse les jeunes lilles à cotte triste extrémité, c'est celle de leurs enfants, de leur père et de leur mère »). Cf. Edv. ëhlers. Bidvag til Diskiissionen om Proslitulionsspôrgsmaalet (Contributions à la discussion de la question de la prostitution). Copenhague, 1896. p. 9. « Celui qui croit à la possibilité de détruire la prostitution, doit pouvoir également croire à la destruction de la pauvreté. »

force de résistance, en augmentant en elle le sentiment do sa vllcuv personnelle, et la perspective de meilleurs moyens pour I faire une place au soleil. - En ce qui concerne l'homme, les circonstances sociales et économiques exercent aussi leur innuence, puisque, dans la classe moyenne, l'âge où ses ressources lui permellent de se marier est de plus en plus retarde .

.oeiateZodetm (Statistique dos mariages suivant les classe» sociales). Copenhague, 1890, \>. 47 ; 51-i3.

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