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XIX. - 3. LA SITUATION MORALE DE LA FEMME

ment de la faculté intuitive, à la pensée personnelle, a 1 exercice du système musculaire, tout cela manque autant à la femme au'à l'homme. La différence des forces physiques, qui subsiste sans doute, n'a pas besoin d'être plus grande que celle existant entre les hommes ^

Croire que le sentiment est la faculté maîtresse dans la psycholo-ie de la femme, et que par suite elle n'est point appelée h un développement intellectuel plus élevé et plus indépendant, c'est partir d'une opposition entre le sentiment et la connaissance que la psychologie ne justifie point. Le développement de la sensibilité n'empêche pas nécessairement celui de l intelUcrence L'opposition n'existe qu'entre la connaissance et la sensibilité dans les mouvements les plus violents, c'est-à-dire dans les émotions. Mais les sentiments ayant plutôt le caractère de la profondeur que celui de la violence n'entravent pas forcement le développement de la faculté de penser, et même ils peuvent le favoriser. C'est ainsi qu'une vive sympathie conduit tout naturellement à s'enfoncer dans l'étude de ses objets, à les saisir dans toute leur originalité : et une pareille sympathie est proche parente de la disposition d'esprit du chercheur. Pour s'éclairer sur lui-même, le sentiment est en général poussé a chercher les causes qui le suscitent, et par conséquent il met l'intelligence en mouvement. Quand même il serait vrai que toutes les femmes sans exception fussent des êtres de sentiment, elles ne seraient pas nécessairement exclues pour cela du droit de chercher un développement plus élevé de leur faculté intellectuelle.

Bien des particularités que l'on donne avec plus ou moins de raison comme caractéristiques de la nature féminine sont certainement dues aux conditions dans lesquelles la femme a longtemps vécu, et elles pourront se modifier avec ces circonstances. Cela s'applique à la particularité psychologique dont nous venons de parler. En effet, l'éducation féminine usitée jusqu'ici n'était guère propre à développer l'intelligence et la volonté de la femme, mais elle a alimenté sans mesure la vie affective, aux

* Pourl^int il semble établi ciue la parésie générale (sorte de neurasthénie accompagnée de paralysie partielle) est devenue .^j^^s ces derniers temps plus fréquente chez les femmes, dans les Etats civilises ou elles Prennent part à la vie cultivée. Mais ce n'est peut-être là qu un phénomène de tiansition.

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