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XXI. - 4. LA MORALE ET LA PÉDAGOGIE

lution intellectuelle. La capacité de sympathiser avec les autres, de se réjouir ou de souffrir avec eux, est alimentée par le cycle d'expériences ainsi provoqué par l'instinct spontané d'imitation, cycle qui n'a été bien saisi et bien décrit que de nos jours ^ et qui fournit une remarquable application du principe aristotélique (XIII, 4j.

4, Dans le domaine de l'éducation intellectuelle, on pèche

contre le principe de la valeur propre de l'enfance, quand on prétend développer et exercer les facultés de l'enfant par des moyens n'ayant par eux-mêmes ni signification ni intérêt. Tel est le cas, par exemple, quand on recommande, en grammaire, d'apprendre par cœur de longues séries de mots, parce que cela fortifie la mémoire. Les moyens employés pour développer les facultés formelles devraient consister en exercices pouvant présenter également de l'intérêt par eux-mêmes, de manière à ce que leur emploi procure de la satisfaction.

En outre, il est de la plus grande importance, dans l'éducation intellectuelle, de susciter l'activité personnelle. Si différents que puissent être l'enfance et l'âge mur, ils n'en ont pas moins ce caractère commun que le but suprême susceptible d'y être atteint consiste dans l'activité de leurs forces respectives au service d'une fin importante. L'enfant comme l'adulte le peuvent chacun à sa manière. Aussi la matière qu'on demande à l'enfant de s'assimiler doit-elle être disposée de telle façon que l'enfant devienne personnellement agissant, soit qu'il travaille surtout par son imagination ou par son intelligence. En agissant par lui-même, l'enfant prendra plaisir à travailler, sans se douter qu'il forme en même temps ainsi la meilleure base de son propre avenii'. Comme l'a bien vu Duhring -, le travail d'apprendre occupe une place intermédiaire entre le jeu qui triomphe d'obstacles que l'on a soi-même créés, et le travail proprement dit, qui triomphe d'obstacles réels, objectifs ; les obstacles que doit vaincre le travail d'apprendre consistent dans la paresse et l'inexpérience.

Seul un système pédagogique idéal pourrait complètenient concilier ces deux points de vue : donner à l'enfance la valeur qui

' JosiAH Royce : On certain psychological aspects of moral training. (International Journal of Ethics, 1893). — Marc ^.Ki^^vivs, Le développement mental chez l'enfant et danslarace. Paris, Alcan, 1897.

* Der Wert des Lebens^ 2« éd., p. 95.

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