‹ Morale [microform]Chapitre 148 sur 284 · LA LIBERTÉ ET LA CULTURE · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ ET LA CULTURE

1. U principe de la libeHé dans la tanùlle et f -^"--^f '^n'ib:"^'" - 2 La liberté comme lin et moyen. - 3. Libeilt ei .u. Z Prit exagéré attribué par le xvn.. siècle au principe de la liberté. 5. Différentes sortes de culture.

l A propos delà vie familiale déjà, nous avons vu que la mesure où l'individu, au lieu d'être un simple «^oyen^^'l^;''' une fin fournit un critérium du développement de cette vie. Ce :rTte"h;m doit s'appliquer encore davantage à la libre association de culture. L'individu fait déjà partie de la fami U avant d'avoir atteint sa maturité ; mais la libre association de cul ur^, issue de l'union des individus en vue de Vonrs.v.rMus^om-^ munes ou connexes, suppose que ces -dividus e ptesenten avec des forces mûres et développées, pour travailler au service

'''ôlTrâwlle aussi dans la famille à des fins de culture ; toutefois, c'est l'association des individus qui y forme elemen premier et fondamental ; les efforts communs " f^"* J"; f^ conséquences de celte association. Au contraire, dans 1 assoc a tion de culture, ce sont les fins communes qu, s'^seten jes efforts communs et produisent ainsi des liens entre le» indi-

""u liberté et la culture sont les deux notions q^i par leur union expriment l'essence de la libre association de eu ture II pourrait sembler qu'elles présentent entre elles une certaine

XXUI. — i. LA LIBERTK ET LA CULTURE

contradiction : la liberté isole, la culture unit ; la première accentue l'indépendance et la seconde le dévouement. Mais elles se rattachent l'une h l'autre très étroitement. Sitôt que le cours de la vie amène les hommes à être soumis à des conditions communes, à partager le même sort, les mêmes dangers, les mêmes ennemis, le même travail ou les mêmes jeux, il se développera entre eux un sentiment de solidarité qui aura pour effet de fondre ensemble et la liberté et le dévouement. Loin d'être entravée par là, l'action personnelle est précisément rendue possible par ce qu'on agit de concert avec d'autres ou pour d'autres. Sans cette solidarité, le développement de la culture est impossible, car elle impose aux hommes des taches qui ne peuvent s'accomplir que par un travail au-dessus des forces de l'individu. Mais en même temps ces tâches sont de telle nature qu'elles ne profitent pas seulement aux particuliers. La culture produit des biens qui, directement ou indirectement, peuvent avoir une valeur pour tous les hommes. Par suite, lorsque l'homme participe au travail de la culture, 'il se développe autant grâce à la solidarité née de la communauté du travail que grdce à la consécration de sa vie personnelle à des lins universelles, qui est le meilleur fruit de la culture.

Souvent une longue séparation peut être nécessaire avant que naisse la communauté convenable du travail et des fins. Elle est précédée d'une éducation qui peut être dure et rigoureuse. 11 faut surmonter l'inertie et la grossièreté, l'égoïsme et l'aveuglement, et tout cela peut opposer une forte résistance. Considérée sous cet aspect, la vie dans l'association de culture continue l'éducation commencée dans la famille; et l'importance la plus considérable du travail pour la culture réside certainement toujours dans son pouvoir d'éduquer et de développer la vie personnelle. L'histoire entière de l'humanité peut être considérée comme une éducation qui se poursuit indéfiniment sans s'achever jamais. Gela est surtout manifeste quand il faut créer de nouvelles fins et que la communauté de l'action en vue de ces fins doit par conséquent se produire pour la première fois. Lorsqu'une communauté s'est déjà groupée autour d'un but quelconque de culture comme centre, c'est la tâche de l'individu particulier de mettre sa vie en harmonie avec la culture déjà existante. Il est alors déterminé dans son évolution par la tradition; l'imitation et la suggestion jouent, sans qu'on le remarque.

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