XXIII. - 3, LA LIBERTÉ ET LA CULTURE
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h la culture matérielle et spirituelle, doivent avoir lieu en tenant compte de leur aptitude à satisfaire le principe du bien, en tenant compte, par conséquent, de leur aptitude h se développer librement et harmonieusement et à travailler avec liberté au service des fins de culture.
3. — Le xviii^ siècle a eu le grand mérite de découvrir le principe de la liberté et de fixer ainsi une des conditions les plus importantes d'une organisation supérieure de la société humaine. Mais, dans l'enthousiasme suscité par ce nouveau principe, non seulement on oublia sa nature dérivée et les limites auxquelles il est soumis, mais on proclama comme un droit évident et originel un droit qui s'est seulement peu à peu dégagé au cours de l'histoire, et qui n'est jamais qu'approximalivement réalisable par l'évolution historique.
Le manque de liberté est une suite de la division du travail. Une des formes les plus simples de cette division consiste en cv que le plus fort impose aux plus faibles tous les travaux pénibles. Les femmes et les enfants furent les premiers esclaves. Puis on transforme en esclaves le prisonnier de guerre, quand les instincts cannibales ne le font pas manger sur le champ. L'intérêt économique agit là où les motifs moraux ne le peuvent pas encore. Tandis qu'un peuple errant de chasseurs sera souvent obligé de se débarrasser des vaincus, les peuples de pasteurs ou d'agriculteurs trouveront leur compte à utiliser leur capacité de travail. Ce qui s'est d'abord établi pour des raisons intéressées et marque à l'origine un progrès économique, devient un progrès moral, lorsque la communauté et le soin des autres, motivé par un intérêt égoïste et économique, développent la sympathie, au moins jusqu'à un certain degré. Il est de l'intérêt même du maître que la santé et la force de l'esclave soient intactes. C'est le cas là surtout où existent le servage ou le vasselage, mais beaucoup moins dans l'esclavage personnel. Ces formes sont également dues à l'égoïsme et à des motifs économiques. La cause du servage peut être soit la conquête, soit un état de transition entre l'esclavage personnel et la vassalité, soit le fait que des hommes libres se soient placés, dans des époques de dangers, sous la protection d'un homme plus puissant, et que leur relation avec lui — peut être par suite d'une contrainte arbitraire de sa part — se soit transformée en sei-vage. Le développement de cette institution suppose qu'il existe de
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■M-andes étendues de terre inculte, fertilisables uniquement par ce moyen'. Le serf a une sphère d'activité personnelle L« s.-ande que l'esclave, il a plus de motifs pour travailler et 'e développer. La relation entre le propriétaire du sol et le serf n'est pas nécessairement une pure relation de contrainte. Le propriétaire a le devoir de protéger son subordonné il est un inteTmédiaire entre celui-ci et le pouvoir suprême de 1 Etat La société présente une hiéracliie où le supérieur protège le bien ,„alériel et n.oial de Tinférieur, tandis que celui-ci suit le premier avec fidélité et conliance dans la lutte et le travail en vue de fins matérielles et morales. La division du travail a lieu alors de tel e lacon que quelques-uns doivent s'abandonner aux œuvres de lépée et de rintclligence, protéger la société et penser pour ,.lle. tandis que les autres ont à s'occuper du travail matériel. Nous trouvons déjà ce genre de division du travail chez les Grecs avec l'esclavage personnel comme base, et elle reparut, „„ ayant comme base le servage, dans le moyen âge chrétien, avec cette différence que dans ce dernier cas les oeuvres de l'épée et de l'intelligence incombaient à des ordres différents. Ouand le seigneur cessa de combattre et quand d'autres que les membres du clergé commencèrent à penser, c en fut fait de la lé.'itimité morale de cette organisation sociale. La philosophie .toVcicnne et le christianisme avaient déjà formulé le principe de la liberté, mais sans en tirer les conséquences sociales praliqucs, (elcela tient à ce qu'ils considéraient la liberté seulement comme fin et non en même temps comme moyen). Puis est venue lépoque oi. elle a pu être proclamée comme principe social. Mais .i elle a pu l'être d'une manière pratique, c'est grâce a cette circonstance qu'elle existait déjà partiellement depuis long- (oraps L'industrie et le commerce avaient fourni une carrière a l'activité de beaucoup de gens qui n'étaient ni serfs m propriétaires fonciers. C'est l'expérience faite par ces hommes, et la confiance qu'ils en avaient tirée dans le libre exercice de leurs forces, qui amenèrent le grand mouvement de ralliement au principe de la liberté. Dans la longue série d'émancipations qui commence avec la seconde moitié du xvi.i» siècle, il y a eu un
• En Danemark, la raison de linsUtuUon d" ^^^S^^J.^./let;/"^^ .lésir d'empêcher les paysans démigrer des '''^f'»" ,f ^'''^^^^L'de fief! Cf. lerliles, d'où serait résutlé un manque de ,''f^«.P»"' ^^^^"P/p T Falbe-Iiansen. Stavnsbaandslôminaen og handborefounmne. 1, p. «>.