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XXVIIL — 2. IMPORTANCE MORALE DE LA CONNAISSANCE

psychologiques; — de l'autre, de ce que le sentiment et la volonté sont de nature plus conservatrice que la connaissance et demeurent plus longtemps dans la direction une fois prise. Il faut du temps pour que les résultats de la connaissance arrivent à se fixer dans la chair et dans le sang, et pour qu'un rapport harmonieux s'établisse entre les diverses faces de la vie psychique.

C'est pourquoi la première conséquence d'un développement intellectuel est souvent un état de discordance et de division dans la conscience. Le cadre élargi par la pensée ne peut être rempli par le sentiment et la volonté, et la sûreté instinctive avec laquelle on menait sa vie, tant que l'horizon restait borné, cède la place au doute et à l'inquiétude. D autre part, quand cette discordance ne se produit pas, on voit souvent se manifester un affaiblissement et une diminution de la vie affective. Il se produit une certaine indolence : la vie perd en chaleur ce qu'elle gagne en clarté.

C'est en ce sens que le fanatisme, soit révolutionnaire soit réactionnaire, peut se réclamer de la psychologie. L'arbre de la connaissance n'est pas à lui seul l'arbre de la vie. Cela ne veut pas dire pourtant qu'il faille aussitôt l'abattre ou l'élaguer.

3. ^ — Ces résultats psychologiques sont confirmés par l'histoire, en ce sens qu'on ne peut y découvrir aucun effet moral positif, produit d'une manière certaine et générale par l'accroissement des lumières. Celles-ci se font remarquer plutôt par l'inquiétude qu'elles suscitent que par leur influence éducatrice. Les maladies mentales et les suicides sont particulièrement fréquents dans les pays où le niveau de l'instruction publique est relativement élevé : atout le moins n'y constate-t-on aucune diminution dans les crimes. Quand même on se bornerait à dire ^ qu'il est impossible de découvrir statistiquement aucun

* Cf. RÛMELix : Ueber den Zusammenhang der sittlichen und iniellecluelten Bildung (Reden und Aufsàtze. Neue Folge). — Mondière dans lo ft Dictionnaire des sciences anthropologiques ». art. Instruction. — Buckle -dans son Histoire de la civilisation en Angleterre (I, 4) va plus loin puisqu'il conteste l'existence d'une évolution morale (tout en admettant celle 4i'une évolution intellectuelle). Enfin ŒIttingen va plus loin encore [Moraliatistik, 3« éil., p. 601 sqq. 762 sqq.), en attribuant à la « demi-culture » la responsabilité de l'augmentation des crimes. Le statisticien danois M. Rubin a montré (dans la revue « Tilskueren » 1884) sur quelle base peu certaine C^ttingen a construit cette notion de la « demi-culture ».

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