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XXVIII. — 5. IMPORTANCE MORALE DE LA CONNAISSANCE

tion qui établit les droits de l'humanité pût conférer une valeur à toutes les autres ))^ Dans ses premiers écrits, Kant avait cherché à se consoler de la misère et des luttes de l'univers par la pensée que du moins les lumières faisaient des progrès chez une petite élite. L'étude des écrits de Rousseau amena une complète révolution dans ses idées et lui fit chercher le proprement humain dans quelque chose de plus profond que l'intelligence.

Si la science naît de la vie et conserve toujours sa connexité avec elle, si de plus le centre de la vie mentale réside non dans le domaine intellectuel, mais dans le sentiment et la volonté, le danger de discordance dans l'individu et de scission dans l'espèce, que le développement intellectuel semble si facilement amener, diminue. Et ce danger peut s'éviter sans arrêter par des procédés révolutionnaires ou réactionnaires la liberté du mouvement scientifique.

5. — Il est cependant inévitable qu'une opposition subsiste entre les divers degrés de l'évolution intellectuelle, sinon entre les savants et les ignorants, du moins entre ceux qui savent plus et ceux qui savent moins. C'est une conséquence de la division de travail. Pour que la science soit cultivée d'une manière satisfaisante, il faut qu'il y ait des gens y consacrant toute leur vie. Il en résultera la formation d'un corps ou d'une classe scientifique au sein de la nation. Deux choses sont alors nécessaires pour que l'évolution soit normale. D'abord il ne faut pas qu'il se forme une caste de savants qui dispense les résultats acquis seulement à quelques classes de la société et non pas à toutes. Il faut que l'enseignement primaire et l'enseignement supérieur soient organisés de manière à faciliter le passage des plus bas degrés aux plushauts^ et à ne pas rendre les difficultés que tous

* Fragments, éd. Rosenkranz. XI, p. 240.

* Un passage de cette sorte pouvait se trouver à l'époque où la théologie formait l'enseignement principal de l'Université comme le catéchisme celui de l'école populaire. Aujouril'hui la théologie est réduite dans les gymnases à un minimum et dans les Universités à une spécialité, mais le catéchisme continue à donner son cachet à l'école populaire. Martensen soutient qu'il en doit être ainsi : « C'est la religion qui fait de l'école populaire une école populaire » (Social Etik^ p. 355) expression qui, même de son propre point de vue, ne laisse pas que de surprendre. On établit ainsi un dualisme qui peut avoir de très graves conséquences, si l'on n'y remédiait temps- Et alors ce sera difficilement la science qui devra « faire demitour ».

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HôFFDiNG. — Morale.

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