DES RELIGIONS POSITIVES
1. Elémenls moraux du dogme et du culte. — 2. La religion positive considér(5e comme une condensation d'éléments empruntés à toutes les faces de la vie mentale. — 3. Contradiction dans la situation occupée par la religion positive par suite de la division du travail dans le domaine mental. — 4. Toute religion positive est une religion sociale. — 5. Contradiction dans l'idée d'une religion édifiée sur une confession dogmaliijue. La foi et l'amour. — 6. La liberté religieuse et ses conséquences..— 7. Position dilï'érente des croyants et des libres penseurs en face de ces conséquences.
1. — Il existe un nombre extraordinaire de nuances et de formes de la vie et de la foi religieuses, et si jamais la liberté vient à régner sérieusement dans le domaine spirituel, il y en aura encore plus qu'aujourd'hui. Historiquement, ce sont les religions posUioes qui ont eu jusqu'ici la plus grande importance morale et sociale. Deux choses caractérisent la religion positive : le culte et le dogme. La religion, à ses débuts, n*est pas un simple sentiment ou une attitude purement subjective à l'égard des forces de l'existence, c'est un moyen par lequel l'homme croit réaliser certaines fins pratiques, prendre soin de sa santé physique et mentale. Le ciiltey élément le plus ancien et le plus durable de la religion positive, est empreint d'un caractère magique, puisque l'homme s'imagine pouvoir intervenir, grâce à lui, dans un ordre de choses surnaturel, sans être lui-même influencé par un pareil ordre de choses. Dans l'exercice du culte, l'homme entre en contact immédiat avec sa divinité; aussi le culte forme-t-il l'élément central de la relio-ion positive. La communauté de culte est la communauté relio-ieusc primordiale, et son importance est considérable, puisque le lien en est constitué par les expériences les plus hautes et les