‹ Morale [microform]Chapitre 199 sur 284 · XXXII. - 1. IMPORTANCE ÉTHICO-SOCIALE DES RELIGIONS · texte numérisé non relu

XXXII. - 1. IMPORTANCE ÉTHICO-SOCIALE DES RELIGIONS

plus décisives que l'on connaisse. Quant au dogme, c'est une croyance établie sur une révélation surnaturelle, sorte d'explication authentique du mystère de l'être, fournie par la source même de l'être. La religion positive n'a donc pas seulement, dans son culte et ses dogmes, des pensées et des sentiments tout humains sur l'être, elle a les pensées et l'action présente de la divinité même. Dès que le dogme se transfonne en notion symbolique et le culte en une belle cérémonie, nous sommes on dehors de la religion positive. Celle-ci couunence et finit avec la présence ponctuelle de la divinité en un temps, en un lieu et sous une forme déterminés. La conscience positivement religieuse ne fait pas de distinction entre images symboliques et vérités objectives dévoilant le fond de l'existence, non plus qu'entre cérémonies symboliques et actions s'exerç^-ant en pleine réalité. Les puissantes formes symboliques créées par les religions positives n'ont précisément été possibles que parce que les hommes ignoraient encore la différence entre le symbole et la réalité, qui est l'œuvre de la réflexion et de l'analyse. Cette œuvre une fois accomplie, les grandes images peuvent conserver encore leur valeur, comme expressions symboliques d'expériences et de sentiments humains qui doivent se répéter sans cesse, mais la question est de savoir si Tactivité créatrice de symboles se fût déployée à l'origine avec un tel degré d'énergie, si elle n'eut pas été issue de la ferme conviction d'avoir affaire à des réalités objectives. Un état d'esprit, qui ne fût ni affaibli par le doute ni divisé par la réflexion, était une condition indispensable pour la production de quelquesunes des images et des formes les plus puissantes dont le genre humain dispose. Un des côtés essentiels du problème religieux c'est précisément de savoir si la force de production peut encore rester considérable une fois que la distinction entre le symbole et la réalité est entrée en vigueur. Ce qu'il y a de sûr c'est que le culte et les dogmes ont subi l'influence de quelques-unes des expériences les plus importantes du genre humain. Constamment et sans le vouloir, on créait des pensées et des actes que Ton croyait avoir de la portée et de la valeur dans l'autre monde, en se fondant sur des influences, des expériences et des sentiments empruntés à la vie réelle. Ce n'est pas une des moindres raisons sur lesquelles repose l'importance morale des religions positives.

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