‹ Morale [microform]Chapitre 203 sur 284 · XXXII. - 4. IMPORTANCE ËTHIGO-SOCIALE DES RELIGIONS · texte numérisé non relu

XXXII. - 4. IMPORTANCE ËTHIGO-SOCIALE DES RELIGIONS

dépensons une telle somme de travail à raffranchissement mental qu'il nous reste difficilement de l'énergie disponible pour la construction positive d'une nouvelle conception de la vie. En môme temps, chaque individu est obligé de soutenir cette lutte d'affranchissenent pour lui seul. La colère provoquée par la manière dont l'évolution religieuse personnelle est opprimée et empêchée prend facilement plus d'influence que le besoin d'atténuer la détresse spirituelle du genre humain. Christoph Schrempf, ce vigoureux penseur en matière religieuse, a très bien fait voir que, de nos jours, chez ceux qui se libèrent de la tradition religieuse; le besoin d'être mentalement soi-même se développe aisément aux dépens de la faculté de se dévouer et de sentir à l'unisson d'autrui^ On a aussi attiré avec raison l'attention sur une autre conséquence de l'émancipation religieuse. Stanton Coït, un des partisans les plus énergiques d'une morale indépendante de la religion, dit (dans un discours sur « les dangers du radicalisme en religion » : « Le rejet pur et simple des doctrines traditionnelles et la poursuite d'idées personnelles donnent à l'homme un certain penchant au changement continuel. Il lui faut toujours du nouveau... Les libres penseurs frais émoulus sont comme des oiseaux qui, une fois échappés de la cage, volent sans repos de branche en branche, de la vallée vers la montagne, de la montagne vers le lac, sans jamais s'arrêter pour bâtir à leur cœur quelque nid familier, qui se hâtent toujours plus loin, jusqu'à ce qu'enfin, les ailes leur manquant, ils tombent à terre dans une solitude déserte -. » Cette instabilité, qui rend difficile à beaucoup de gens de se créer une nouvelle intimité, un nouveau foyer mental à la place de l'abri familier mais abandonné par eux de la tradition, est encore une des causes empêchant les créations positives nouvelles dans le domaine des conceptions sur la vie.

4. — Il y a encore un coté très important à faire ressortir dans les religions positives. Les dogmes et les formes de culte résultant de la condensation religieuse sont communs à des quantités d'hommes plus ou moins considérables. La religion positive et V Eglise sont choses inséparables. Le processus reli-

* Die Wahrheit. Halbrnonatsschrift zur Verticfung in die Fragen und Aufgaben des Mensehenlebens. V. Stuttgart, 1896, p. 261.

* Stanton Coït : Die ethische Beœegunrj in der Religion. Uebers. von Gizycki. Leipzig, 1890, p. 93 sqq.

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