XXXII. - 7. IMPORTANCE ÉTHICO-SOGIALE DES RELIGIONS
de la vie mentale, la critique purement négative ne suffira pas à lui donner une supériorité réelle.
Le conflit religieux lui-même prendra-t-il un jour fin? Les croyants et les libres penseurs se trouveront-ils en tout temps les uns en présence des autres? Sur ce point nous ne pouvons rien savoir, et d'ailleurs la morale n'a pas à s'en occuper. Tant que l'opposition subsistera, il y aura une action réciproque entre les deux tendances. Certains sentiments et certaines idées sont favorisés par l'une de ces tendances, certains autres par l'autre, et lorsque ces sentiments et ces idées ont une réelle importance pour la vi(^ humaine, môme la tendance qui ne les a pas ellemême produits doit se lesassimiler. Combien par exemple la libre recherche de notre temps ne doit-elle pas d'enseignements au romantisme et à la réaction religieuse du commencement du xix^ siècle ! Combien, d'autre part, l'expérience et la science n'ont-elles pas constamment influé sur la conscience religieuse, non seulement par leurs résultats mais encore par la méthode de penser dont elles apprennent peu h peu l'application aux hommes! L'évolution se poursuit ainsi lentement et à travers une foule d'oscillations. Mais une harmonie durable pourrat-ellc jamais être obtenue? tJn avenir très lointain pourra seul le montrer.
ï ty