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XXXIII. — 4. L'ÉGLISE ET L'ÉTAT

futurs prêtres de l'Eglise reçoivent une certaine éducation scientifique. II n'esl pas d'importance négligeable que les jeunes gens se destinanl aux fonctions ecclésiastiques poursuivent leurs études dans un établissement supérieur d'instruction, à côté du reste de la jeunesse studieuse. Ils apprennent ainsi à connaître la vie sous plusieurs aspects. La camaraderie leur .rend impossible un exclusivisme exagéré, et ils acquièrent, en dehors de la conscience religieuse, une conscience scientifique.

L'influence susceptible d'être exercée de la sorte par l'Etat sur l'Eglise sera soutenue par son action en faveur de la culture dans d'autres domaines. Plus l'instruction populaire est bonne et plus la vie scientifique esl florissante dans la nation, plus aussi l'on sera exigeant envers le clergé, et moins on supporterai domination d'une hiérachie.

4. — De la sorte, l'évolution mentale du peuple aura lieu dans une direction plus saine que si l'Etat laissait l'Eglise livrée à elle seule. Si l'Eglise avait en propre ses séminaires et sa constitution hiérarchique, le fanatisme et le scepticisme blasé se répandraient davantage. La division de la nation sous le rapport religieux s'augmenterait, et la religion s'opposerait de la façon la plus tranchée au reste de la culture. Il en résulterait les plus grands dangers pour la paix et la culture de la nation. Malgré l'influence apaisante et humanisante produite par son union avec l'Etat, l'Eglise peut, l'expérience l'atteste, admettre des doctrines étroites, barbares, ennemies de la vie ; mais ce serait sûrement bien pis, si tous les pasteurs étaient remplacés par des prédicateurs laïcs et si la liaison avec la vie mentale de la nation se trouvait romput^ en d'autres domaines. C'est seulement si l'Eglise devait reconnaître et accepter une fois pour toutes de semblables tendances, qu'il deviendrait dangereux pour l'Etat de maintenir la liaison ; l'Eglise n'exercerait plus alors une action vraiment éducative sur le peuple, et elle cesserait de figurer parmi les représentants de la culture idéale.

L'Eglise montre actuellement une tendance, en soi naturelle, * à se procurer les avantages liés à la liberté religieuse, tout en

mais aussi morales. Il est fort peu vraisemblable que ce soit là une particularité de la seule Eglise wurtembergeoise. — Voir sur cette affaire Ghristoph SCHRE.MPF : Jun kirchliches Ereigniss (dans sa revue Die Wahrheit. VI, Stuttgart. 1896.)

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