XXXV. — 3. L'ORGANISATION DE LA iniILANTIlROPD
(depuis 1834) essaya de parer à ces inconvénients. Mais il parut toujours très difficile de décider quand on se trouve en présence d'une indigence réelle et quand c'est le contraire. On établit alors en Angleterre l' « épreuve de la maison de travail « (workhouse test), dans l'idée que les gens valides, en refusant de se soumettre au travail imposé par TEtat comme une condition de son assistance, prouveraicMil par là qu'ils irélaieut pas réellement nécessiteux. 3Iais si ce moyen mécanique a été nécessaire, c'est seulement parce que la décentralisation ne fut pas suffisamment mise en pratique'. Dans les cercles restreints (dans la commune et dans la sphère encore plus étroite des relations de voisinage) existe la possibilité de connaître tous les individus personnellement, et c'est pourquoi l'Etat devrait autant que possible laisser à ces cercles la distribution des secours. Aussi bien est-ce dans ce sens que s'orientent les organisations récentes. Ici, plus encore que dans les autres domaines, l'administration autonome est la seule qui puisse conduire au but. Si les cercles restreints possèdent le droit de s'administrer euxmêmes, chaque cas particulier peut être traité d'après sa nature individuelle. Le « système d'Elberfeld - » va si loin dans la décentralisation et l'individualisation que chaque personne chargée de l'assistance a dans son ressort seulement quatre familles. Elle peut alors connaître à fond leur état. En même temps, il devient possible à tout citoyen de se charger de la fonction honorifique de répartiteur, car cela ne lui demande pas une trop grande part de son temps. Grâce à une pareille organisation, la philanthropie de l'Etat se rapproche de plus en plus des organisations philanthropiques privées. Sa meilleure manière d'agir c'est d'agir de concert avec ces dernières. La grande distance qui sépare la relation personnelle de l'intervention impersonnelle de l'Etat s'abrège par une série de formes de transition.
schcn Staatsboarnten. Woiiiiar 1837, p. 502 stjq. — Gneisï ; D(is Selffjovernment in England. 3« éd., p. 700 sqq.
' Cf. Gnhist : Op. cit., p. 740.
* LoNiNG. Armenpflege nnd Aî'menjjolizei (^Schoiibergs Handhuch, 1« éd. 11) p. 588, 001 sqq.