XXXVL — 5. LE PEUPLE ET L'ÉTAT
nismo que celui-ci peut s'opposer activement et avec une force rassemblée au monde extérieur, diriger son activité sur des points déterminés et tenir compte des circonstances dépassani de beaucoup le milieu immédiat. Sans organisation, le peuple mène une vie toute végétative. Une certaine culture est possible; l'activité matérielle, la vie intellectuelle et affective peuvent se déployer jusqu'à un certain degré ; mais le tout porte le carac 1ère du basard et de Tincohérence. Une évolution plus avancée a pour condition la concentration et la solide cohésion de toul ce qui appartient au peuple. Une telle concentration est de la plus grande importance dans la lutte pour la vie. Un empin^ morcelé ne saurait subsister. Aussi la guerre a-t-elle été de tout temps la cause dune organisation plus solide. Cependant c'est seulement au degré le plus élémentaire que la concentration contre le danger extérieur est la considération dominante. L'organisation primitivement établie pour triompher d'une résistance extérieure est naturellement appliquée à favoriser el protéger tous les intérêts et les fins enveloppés dans la vie du peuple. 11 y a deux types de vie nationale, l'un déterminé surtout par la nécessité de déployer une force extérieure, l'autre essentiellement déterminé par la considération de la vie intérieure du peuple ^ Tant qu'un Etat est obligé de lutter pour l'existence contre d'autres Etats, c'est le premier type qui domine ; le second se développera dès que s'établiront des relations plus pacifiques. Il est facile de voir lequel des deux types est le plus favorable au développement régulier de la culture matérielle et idéale.
Déjà aux premiers degrés de l'évolution, il y a quelque chose de plus fort que la violence et susceptible de se servir d'elle. Ce sont les lois non écrites contenues dans les coutumes du peuple (Cf. 2j. L'organisation des relations du peuple ne saurait avoir lieu uniquement par des ordres coercitifs. Les détenteui-s de la puissance eux-mêmes sont plus ou moins rempli> intérieurement de crainte ou de respect envers les traditions Aucun d'eux n'est tellement au-dessus de son temps qu'il n'ait ni modèles ni précédents à suivre. Ces modèles et ces précédentnous offrent la forme primitive du droit.
L'idée de l'Etat renferme donc plusieurs facteurs. La force e>l
le dernier moyen et le fondement de l'Etat ; le droit est la norme déterminant l'application de la force ; la culture est la fin à laquelle doit servir l'application de la force conformément au droit. Et à propos de tous ces facteurs, il faudra encore poser la question de l'importance morale de l'Elal.
Spencer. Principles of Elhics, II, p. 181-187,
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XXXVn. - 2. LE DROIT ET LA MORALE PRATIQUE
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