‹ Morale [microform]Chapitre 231 sur 284 · XXXVII. — G. LK DROIT KT LA MORALE PRATIQUE · texte numérisé non relu

XXXVII. — G. LK DROIT KT LA MORALE PRATIQUE

droit positif et la conviction morale. On peut la définir : l'expression intellectuelle de la moralité positive. C'est une sorte de « police morale » exerçant une puissante influence par sa louange ou son hlàme. Elle assigne au permis des bornes un peu plus étroites que le droit. Le droit se préoccupe uniquement de l'acte extérieur; l'opinion publique va plus loin et juge les caractères. Son tribunal tient compte de circonstances auxquelles ne saurait avoir égard le tribunal juridique. Aussi absout-elle parfois des gens condamnés par la loi, quoique plus souvent encore elle incrimine des gens qu'on ne saurait traduire devant aucune juridiction légale.

L'opinion publique peut se former de manières très diverses et sa valeur est très variable. Souvent son origine est difficile h découvrir, parce qu'elle est l'expression d'une longue suite d'expériences constantes dont aucune n'a par elle-même attiré l'attention, mais dont le résultat apparaît clairement. Dans d'autres cas, ce peuvent être des expériences subites faites en commun qui suscitent aussitôt chez tous les hommes la même disposition d'esprit. Les deux causes feront que les opinions « flotteront dans l'air » et dans les deux cas elles pourront s'accuser avec beaucoup de force. L'inconnu de leur origine leur confère un certain caractère mystérieux et leur imprime la marque de l'incontestable. Il peut arriver souvent que l'opinion publique soit déterminée par le prestige d'individus éminents, surtout s'ils sont capables de revêtir leurs idées de formules frappantes. Mais il peut arriver aussi que ce soient des hommes inconnus et insignifiants qui, par une répétition incessante, mettent « des opinions dans l'air ». Une action réciproque continuelle s'échange entre le cercle étroit des hommes faisant de nouvelles expériences et concevant des idées nouvelles et le grand cercle qui reçoit plutôt passivement leurs vues. Personne ne peut éviter — si active que soit sa vie intellectuelle et afl'ectivc — d'être déterminé par les principes et les traditions de l'époque, du peuple, de l'état et de la famille où il vit ; mais on peut prendre à leur égard une attitude plus ou moins active, avoir un regard plus ou moins éveillé pour les possibilités nouvelles. Le rapport entre ceux qui contribuent activement à la formation des opinions courantes, ceux qui les reçoivent passivement, et ceux qui n'ont aucune opinion, différera suivant les pays D'api'ès James Bryce, dont l'ouvrage sur la République

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