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XXXIX. — 4. LE POUVOIR RÉPRESSIF DE L'ETAT

n'a le droit de se faire juge des dispositions internes des autres, ni TEtat celui d'employer la force pour améliorer le citoyen majeure Pourtant, il n'existe aucune raison, du point de vue de la morale sociale, pour établir entre la peine et son application une distinction aussi tranchée que cela peut être nécessaire, pour des raisons techniques, dans la science du droit. L'homme condamné à une peine l'est évidemment à l'exécution de cette peine et h toutes ses conséquences. Or, en bien des cas, l'amélioration morale est soit une suite naturelle, soit une condition nécessaire de l'amélioration juridique. Maintenir ici une distinction tranchée apparaîtra comme impossible. D'ailleurs le rapport entre l'élément juridique et Télément moral de l'acte contraire au droit varie dans chaque cas particulier. Dans certaines violations du droit (comme les crimes politiques et les contraventions aux ordonnances de policej, l'élément moral peut manquer presque tout à fait, ou l'on peut se trouver en présence d'un des conflits inévitables entre la morale et le droit. Les attemtes les plus considérables et les plus graves à l'organisation juridique ne sont pas nécessairement aussi les plus condamnables au point de vue moral. « La complication des circonstances, dit A. S. OKusTED-, peut souvent pousser un homme. chez qui tout sentiment noble et bon n'est pas complètement éteint, aux crimes les plus funestes et les plus djjmgereux. tandis qu'un crime de portée moindre peut dénoter un esprit foncièrement corrompu. Oui soutiendra qu'un meurtre ou un crime politique trahissent dans tous les cas une corruption morale plus grande qu'une fourberie? » J^a réponse à faire à cette question d'Olù-sted c'est précisémejit, d'après l'expérience de beaucoup dhommes compétents"*, que les meurtriers sont très souvent moralement plus élevés que les autres criminels. On ne saurait don" fonder le droit de punir de l'Etat sans exiger la plus grande individaolisalion possible de la peine. Cela est surtout nécessaire à cause du rapport sans cesse variable entre l'élément juridique et l'élément moral. Sans cette individuali-

* FicHTE. Grundlaf/e des Xafiirrech/s, II, p. lU. — Goos. Imlledninfji fil (len dans/ce SlrafJ'eret (Inlroduclion au tiroit pénal danois), p. t)3,

* Om de fui'sle Gnindrerjier for StvaffelovQivn'tnqen (Les Principes fondamentaux de la législation pénale). Eunoniia, II, p. S.

" Fkanz von noLTZENDORFF. Dus Vei'brecheu des Mordes und die Todesslrafe. Berlin. 1875, p. 175-178.

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