‹ Morale [microform]Chapitre 253 sur 284 · XXXIX. — 4. LE POUVOIR RÉPRESSIF DE L'ÉTAT · texte numérisé non relu

XXXIX. — 4. LE POUVOIR RÉPRESSIF DE L'ÉTAT

tiliition de peines conditionnelles, c'est-à-dire applicables seulement en cas de récidive, et de peines indéterminées, c'està-dire de durée variable suivant le caractère manifesté par l'individu au cours de leur application. En outre, on s'est de plus on plus clairement aperçu que le crime est un phénomène social, lié à une foule d'autres phénomènes du même ordre. Le problème criminologique n'est pas un problème isolé : il se rattache étroitement aux. autres problèmes sociaux. On arrive ainsi à lu conception déj(i citée de la peine comme moyen de lutter contre le crime envisagé comme un mal social. C'est le point de yw dont part 1' « Association criminaliste internationale ». En même temps, il rappelle qu'il ne faut pas rompre le lien rattachant la peine aux autres moyens de combattre et spécialement de prévenir le crime. L'expression vague de lutte est donc substituée aux expressions plus précises de talion, intimidation, amélioration, des anciennes théories. La politique criminelle remplace la théorie pénale. Il appartient à l'expérience future de décider quels sont les résultats susceptibles d'être obtenus en particulier par l'amélioration de l'éducation et des conditions économiques et lesquels peuvent seulement s'obtenir par des peines afflictives. Certes on sera plus exigeant envers la société, s'il fiiut tenir compte de toutes les variétés de rebelles à la loi, que si l'on se contentait — dès qu'on croirait avoir constaté une infraction à la loi — d'enfermer l'auteur, de l'envoyer aux galères ou de lui couper le cou. Le critère pour apprécier la manière dont il convient de traiterde criminel n'en restera pas moins celui-ci : dans quelle mesure l'individu particulier est-il regardé comme fin et non seulement comme moyen ? Le problème issu de la lutte entre les théories de l'intimidation, du talion et de l'amélioration reparaîtra toujours sous une forme ou sous une autre.

Si, le crime étant regardé comme un phénomène social, on conçoit la peine comme un des moyens de le combattre, on peut se demander si le terme « peine » doit être encore entendu dans le même sens où le prenaient les anciennes théories. Un pénétrant penseur l'a contesté. Suivant Toxnies l'idée de peine doit se transformer en une idée plus haute, celle d'un traitement convenable du criminel. Ce traitement n'implique pas nécessairement des soutlrances infligées. Si l'individu a été forcé de réparer dans la mesure du possible le dommage causé aux

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