XXXIX. - 5. LE POUVOIR RÉPRESSIF DE L'ÉTAT
autres, le reste du traitement doit être logiquement de nature à ie^uérir etàl'éduquer^ ^
5 - D'après la conception qui vient d'être exposée, on punit non seulement parce qu'une faute a été commise (gtnVi i^eccalum est) mais encore afin qu'elle ne se renouvelle plus {ne pecce- L) C'est l'avenir, non le passé, qui rend la punition neceslaire L'inexistence d'infractions à l'organisation juridique nrouve évidemment qu'elle demeure respectée, et tel est le but l atteindre. Voilà donc une fin claire et précise réalisée ou du moins réalisable, sinon par la peine seule, du moins par la peine associée aux autres remèdes existant contre le mal social du crime. Et cette fin, à son tour, trouve son fondement dans le minci pe général du bien.
En admettant que la peine doit servir à une fin et n a « par elle-même » aucune valeur, la théorie développée ici s oppose nettement à la doctrine du talion, d'après laquelle regarder la peine comme un moyen serait contraire à la dignité à la fois du pouvoir punissant et de la personne punie. Or la doctrine du talion exerce encore sur les idées ordinaires de crime et de peine une telle influence qu'on peut même la considérer comme un des obstacles les plus essentiels à une organisation rationnelle du système pénal. Il convient donc de l'étudier d un peu plus près et d'examiner ses titres.
La doctrine du talion pose comme une vérité morale éternelle et évidente le principe suivant : Tout mal retombe sur la tète de son auteur. Mais est-ce vraiment un principe évident . Est-ce une idée morale? Pourquoi la somme des maux des souffrances du monde doit-elle être accrue parce qu'une méchante action a été commise ? C'est au contraire empirer le mal, tant qu'on n'aura pas montré quel bien déterminé résultera du mal rendu. Mais on ne saurait indiquer une pareille fin sans (aire appel au principe du bien, et par suite, sans faire intervenir la « morale utilitaire ». Kant regarde comme un impératif cate-
' F. TôNNiEs. Die VerhUlung des Verbrechens (Deutsche Worte)W^^^^^^ 1891. - Tonnics mentionne la théorie exposée par moi dans h^ ^'^^^^^^^^^ de cet ouvrage comme une pure théorie ^ î^"^^^;^.^-^^^^"-^^^^^^^'^^^^^^^^^^^^^ ma véritable pensée (que je me suis efforce de ^'^^'^ .^^l^\^l'l^^^^^^^^ ment dans cette 2- édition) l'intimidation est ^^''^l'^Jf,'''^^^^^^^ le critérium pour juger de la perfection d un ^y^^^^^^V.^^^.^lf^^^^^^^ dans la mesure où il concilie les deux buts, sans que 1 intimidation s ctende aux dépens de l'amélioration. (Voir 1" éd. allemande, p. 445-*Di). •