‹ Morale [microform]Chapitre 258 sur 284 · XXXIX. - 6. LK POLTOIR RÉPRESSIF DE L'ÉTAT · texte numérisé non relu

XXXIX. - 6. LK POLTOIR RÉPRESSIF DE L'ÉTAT

renée entre l'acte intentionnel et l'acte commis par imprudence, il est clair que le talion est en fait la manifestation d'unmstinct aveu-le nous faisant frapper a tort et à travers, sans égard aux conséquences. Singulière destinée pour cette doctrine morale ordinairement si superbe et si dédaigneuse à l'endroit de la « morale utilitaire » et de « l'humanitarisme » !

Cette doctrine enfin ne saurait justifier la plupart des dispositions insérées dans les nouvelles lois pénales relativement à la prescription D'après le fondement donné ci-dessus du droit de punir il va de soi que les violations du droit commises il y a Ion-temps et découvertes seulement aujourd'hui doivent rest<'iimpunies. En efl"et, le motif ordinaire d'exercer le droit de puiur fait ici défaut. La morale, avons-nous dit (cf. V, 3j, regarde devant elle, et ne regarde en arrière que pour mieux voir en avant. De même, l'Etat n'a pas afiaire au passé, mais au présent et à l'avenir; l'acte commis il y a longtemps n'est pji^ un signe sûr du caractère actuel de son auteur, et ne menace pas davantage l'organisation juridique existante. L'intérêt pratiqua n'existe plus. Mais la doctrine du talion doit voir là dans l'ordre du monde une lacune : si long que soit le temps écoulé, il ne saurait justifier l'absence de châtiment. Pourquoi le sang cesserait-il de crier vengeance?

D'après le fondement donné ci-dessus au droit de punir, la peine doit réaliser un double but : le rétablissement de l'organisation juridique et la modification du caractère du coupabl.'. Ces deux considérations ne doivent être séparées dans aucune sorte de peine. Parmi les peines actuellement en vigueur, deux sont contraires à ce principe : la peine de mort et les travaux forcés à perpétuité. Elles ne sauraient être justifiées, et d'ailleurs on constate qu elles sont de plus en plus rarement appliquées. De toutes les peines capitales prononcées en Europe, un cinquième seul est exécuté. Ces châtiments dénotent que nous sommes encore aune étape barbare de l'évolution. Nous vivons dans un état de guerre où l'intimidation joue un plus grand rôle que cela n'est moralement défendable. Mais la raison principale se trouve dans notre retard considérable en psychologie et en pédagogie pénales. C'est pourquoi nous sommes encore incapables d'agir

faite par A. S. OErsted dans Om de fôrsle Grundregler, etc.. Eunomia, II, p. 12-24.

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