‹ Morale [microform]Chapitre 260 sur 284 · XXXIX. - 6. LE POUVOIR RÉPRESSIF DE L'ÉTAT · texte numérisé non relu

XXXIX. - 6. LE POUVOIR RÉPRESSIF DE L'ÉTAT

commettre sans aucun scrupule. En second lieu, la peine doit évidemment se manifester à la volonté de l'individu comme un motif dont la nécessité est prouvée. L'individu doit^ètre éduqué. Mais la question se pose alors de savoir s'il est normal, s'il est accessible aux influences auxquelles on le soumet. S'il a Tesprit malade, l'éducation exercée dans les conditions ordmaires n'aura pas d'effet ; l'éducation, si elle est possible, doit alors avoir lieu dans un asile d'aliénés, ou peut-être dans un « asile-prison », forme intermédiaire entre la prison et la maison d'aliénés. Ce point donne lieu à une guerre de frontières incessante entre les juristes et les médecins. On ne saurait s'en étonner, tant qu'il y aura des juristes pour croire non seulement qu'une limite précise et tranchée sépare la responsabilité de l'irresponsabilité, le normal de l'anormal, mais encore que « la capacité morale de contenir ses penchants contraires aux lois est une grandeur immuable, à fixer normalement pour tous les hommes, sans égard aux dispositions individuelles* ». Quand on trouve fréquemment si peu d'intelligence psychologique chez les juristes, il n'est pas étonnant que l'application du droit de punir soit encore si éloi- 2:née de son idéal.

* Citation d'un juriste allemana. donnée par E. Lxxs. VergeUiing inid Zurechmmg (Vierteljahrsschrift fur ^visscnscllaftliche Philosophie, VI),. p. 201.

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