‹ Morale [microform]Chapitre 261 sur 284 · LA CONSTITUTION DE L'ÉTAT · texte numérisé non relu

LA CONSTITUTION DE L'ÉTAT

\ Conditions données et intentions rénéchies. - 2. Le double contrôle, "grand problème de la politique. - 3. Importance de la liberté politique. 4. Constitution libre. - 5. Ses dangers. - 6. Majorité et minorité.— 7. Partis politiques. — 8. L'autonomie.

1. En 1780, au moment où les français étaient sur le point d'établir une constitution toute nouvelle, l'homme d'Etat américain Morris, alors à Paris, écrivait : on souhaite une constitution américaine, sans réHéchir qu'on n'a pas affaire à des citoyens américains, et il faudra au moins une génération entière pour s'habituer à la nouvelle constitution et la mettre en pratique. Vers le même temps, Wilhelm vox IIumboldt prédisait que cette constitution ne durerait pas, comme étant l'œuvre de la raison. La raison, disait-il, peut bien organiser une matière donnée, mais non la produire. Elle peut servir de guide et d'excitant, en proposant des modèles, mais les forces vives doivent se développer lentement, grâce aux enseignements historiques'. Ces prédictions concordantes d'un homme d'Etat pratique et d'un philosophe ont été suffisamment confirmées par l'histoire. Les formes et les constitutions politiques ne s'improvisent pas et ne s'imposent pas au peuple de dehors ou d'en haut. Trois cent cinquante nouvelles constitutions auraient vu le jour depuis le commencement de notre siècle K Ce nombre prouve déjà que beaucoup d'entre elles ont du disparaître pour n'avoir pu prendre racine. Les constitutions doivent pousser d'elles-mêmes; ce n'est pas une vérité nouvelle pour nous. La forme ou constitution politique n'est en effet autre chose

• Taine. La Révolution, I, p. 158. 183. - W. von Humboldt. If^^ri Uber StaLverfassung durch die Lue franzôsische KonsHtuUon vevanlasst (1791) (Werke, 1. p. 301 sqq).

* Maine. Popular govenimenl. Londres, 1883. p. 174.

Page 1