‹ Morale [microform]Chapitre 262 sur 284 · XL. - 1. L\ CONSTITUTION DK L'ÉTAT · texte numérisé non relu

XL. - 1. L\ CONSTITUTION DK L'ÉTAT

que la partie de rorganisalion juridique relative à l'administration de l'Etat, et en principe, tout droit acquiert seulement une durée solide comme forme d'une vie réelle s'il est issu d'une activité habituelle ou s'il y conduit. Tout n'est pas fait quand on a formulé des principes et tracé des cadres. Comme le montre une comparaison de l'histoire des peuples continentaux avec celle du peuple anglais et nord-am(''ricain, le développement constitutionnel le plus vigoureux et le plus sain est celui qui résulte d'une longue suite de petits remodes ou de petites améliorations, mais non celui qui prend brusquement naissance par la création soudaine d'une constitution entièrement neuve. Cette vérité n'est pas contredite par ce fait que la constitution des Etats-Unis fut l'œuvre réfléchie de quelques individus, et introduite d'un seul coup. Le grand mérite de cette constitution consiste en effet justement dans la façon dont elle sut tirer parti des virtualités incluses dans les circonstances et les institutions des anciens Etats coloniaux anglais '. Cette constitution a d'ailleurs eu ce bonheur, unique pour une constitution « introduite », de pouvoir célébrer son centenaire, avec d'heureuses perspectives d'avenir. — La raison, la réflexion ne perdent pas cependant pour cela leur importance, comme llumboldt le remarque d'ailleurs lui-même. Elles réagissent en bien des façons sur ce qui est soit tout à fait, soit h demi-inconscient, elles l'organisent, le dirigent ou le stimulent. Elles rendent l'attention plus clairvoyante sur les conditions essentielles, préviennent des dangers imminents et découvrent de nouvelles possibilités d'évolution. (Cf.lH, 19--20.)

Il suit de là que la morale ne saurait avoir pour tache de construire une constitution politique idéale. Rien ne sert de composer un cadre, si l'on ne sait comment le remplir. La chose essentielle ce sont les virtualités, les points de départ qu'oil're le peuple, d'après son naturel et son évolution historique. Bien avant qu'il fût possible de discuter les constitutions, il s'est développé en fait une constitution interne, manifestée dans le caractère et la culture du peuple, et l'organisation officielle externe des rapports entre les divers éléments du peuple doit s'y rattacher, si elle veut obtenir et durée et valeur. Le cadre n'est

* Cf. mon article : Alexander Uamilton oij den nord-amerikanshe Unionsfor fatuiiig (Tilskueren. 1889).

virlemment pas chose indifférente. S'il est trop étroit. .1 ressert

;: onteret Fempêche de se déployer ; s'il est trop large,, le con-

eJn sera pas solidement organisé. Un mauvais cadre d a.l-

mice ne serapas seulement un cadre façonné arb.tra.rement

rdéhors ce pourra être aussi un produit spontané. Ma.s on

S remédieràdc tels inconvénients qu'en s'appuyant sur

; ; 2 1 tl et des points de départ donnés dans le peuple tel

qu'iUst Toute saine évolution va du dedans vers le dehors, d en

"tJ^ri^dprque les constitutions ne sauraient être choisies et intioduites arlitrairement ne nous laisse cependant pas tout à il mp i sants en face de la vie politique. Nous ne pouvon H „ outre les résultats déjà produits, et nous ne saunons opérer Cld coup ce qui, pour réussir, exige une longue ev^uU^n^ Mais nous pouvons agir sur les causes '»« f '■"""^"\ ^'^^^ future. Nous pouvons nous instruire par l'expenence et apies .. ,.,in,.^ion ré-ler les circonstances mieux quelles ne s: entusqrih.dlescirconstancesextérieures détermina

l'o "auS în de la société et de l'Etat, sans nul concours de la fal^st: et du choi. réfléchis, cda est v-i -alemer. des toutes premières périodes de >'évoUU.on soc.ale i^^^^^^^^^^^ Oumd nous rencontrons des organisations heuieuse», nous S^ns pas toiiiours le droit de supposer leur origine due a la L^ovance t u calcul. Mais .1 n'en résulte pas qu'on puiss ::r; .a:lgle générale ainsi formulée Pa" S^-- ; ^^ les condUions données, et nullement les ^^'^-'^'''^;^^^ qui déterminent la forme poHtique '. Ln d^S'^ "J ^f ^ '^^ S atteint dans l'évolution mentale -1 -"''- ; "^^"^^^^Jt";. connaissance des conditions données, et ««"«"^ P^^'-^^.j;;;',. ment imprimer une direction à notre "^^"'^-''-^ .-^.^S"--^^ ^xpe

rience historique, l'intelligence sociale et P° '^'^^^^^^^^s n^ développées, il serait contraire à to.le psychoU^g. qu e s ne

déterminassent pas aussi. jusqu'à un certain point ^t « ^J^^^^

pratique. Aucune de nos idées n'est a'^^o»'^'"':"V^'';,^ '^'"3' L notre sentiment et notre volonté. Le P;'-'P« ^^ ^^P«J«^ marnue l'apo-ée de la réaction contre la confiance enthousiaste ;;;Z:vledïxv.u" si^de en la raison. La réaction commence

. CondUions and not intenlions detc-minc. Spence» : PoUtical Inslilulions, p. 395.

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