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XL. — 3. LA CONSTITUTION DE L'ETAT

trùler le gouvernement ^ » Le problème à résoudre pour la constitution politique est justement celui-ci : il faut un contrôle sanctionné par la force pour réprimer les penchants humains qui menacent de désagréger l'organisation du droit ; mais il faut ensuite aussi un contrôle des contrôleurs. Et comment ce dernier peut-il acquérir une autorité suffisante, sans affaiblir la force dont doivent nécessairement disposer ceux qui exercent le premier ?

3. — Aux degrés inférieurs de l'év^olution politique, on part souvent en fait de cette idée que les gouvernants sont des anges. On lève les regards sur eux avec une confiance aveugle comme sur le type de toute sagesse. Tel est le cas par exemple dans l'Etat théocratique et dans tout Etat où le gouvernement joue par rapport au peuple le rôle de tuteur. Il semble d'abord que le premier seul des deux contrôles existe alors. Pourtant, en y regardant de plus près, on découvre aussi le second. Il consiste dans la foi du peuple à la sagesse et à l'excellence du gouvernement. Si patriarcal que soit celui-ci, il ne saurait aller sûrement que dans la mesure où cette foi règne. Il faut encore ajouter le sentiment national et les autres sentiments susceptibles d'être éveillés par le gouvernement. La force pure ne saurait indéfiniment sutlire, si l'adhésion interne lui fait défaut. Les gouvernants, surtout quand il s'agit d'une manifestation active et concentrée, dépendent en fait sans cesse des sentiments et des dispositions du peuple, qu'ils partagent ordinairement eux-mêmes en grande partie. De plus, le gouvernement ne saurait pourvoir directement à tout ; il a besoin d'intermédiaires, d'un système bureaucratique qu'il ne peut qu'imparfaitement contrôler et dont il devient vite dépendante

Si l'évolution du peuple est saine et vigoureuse, l'opinion publique, qui joue déjà un rôle important sous le gouvernement tutélaire, se transformera en volonté publique réclamant une active participation à la direction des affaires (cf. XXXVII, 5

' The Federalisl (1787), n» 51 (nouv. éd. Boston, 1882. p. 390).

* Les juristes philosophes danois du milieu du xvni" siècle considéraient mémo l'absolutisme comme une constitution libérale, parce qu'il s'appuyait souvent sur l'opinion publique et les fonctionnaires. Voir E. IIolm. Omdet ^yn paa Kongemagt, Folk og borgerlig FrUied, (1er udvildede sig i den dansknors/ce Stat i Midlen o/l8 Aavluindrede. (La conception du pouvoir royal, du peuple et de la liberté civile dans l'Etat danois-norwégien vers le miiit'U du xvni" siècle). Progr. d'Université, 1883, p. 66, 8o, 95.

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