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XL. — 7. LA CONSTITUTION DE L'ETAT

partis sont d'une extrême importance. L'histoire nous montre que ce sont des oppositions soit de races, soit de religions, soit de classes et d'états sociaux. Toutes ces oppositions entraînent après elles de sérieux inconvénients.

L'opposition de races renferme le danger évident d'un partage de l'Etat, et souvent même c'est le but directement poursuivi, de sorte que l'opposition des partis est seulement le premier indice d'une désagrégation totale. De 1830 à 1864, l'opposition la plus considérable entre les partis du Danemark d'alors prit de plus en plus cette direction, et le résultat fut d'ailleurs aussi un démembrement réel.

Quand la base de la division des partis est la dive7*sité de religion, c'est au détriment et de la religion, — dont le domaine est l'homme intérieur et dont on méconnaît le caractère intime en la faisant servir d'arme et de drapeau dans les luttes de la vie extérieure, — et de l'Etat, dont les éléments ne sauraient être ordonnés suivant des idées religieuses. Plus l'Eglise sera séparée de l'Etat, plus cette base des divisions de partis devra disparaître. Pour le point de vue qui prétend faire régner sur ce monde les idées cléricales, il est conséquent de penser que la différence des partis politiques doive se fonder en définitive sur l'admission ou le rejet du surnaturel ^. Dans les pays où la population est partagée en deux grandes confessions, gardant jalousement leur situation et leurs intérêts, il sera bien difficile d'écarter cette base de la classification des partis. Poussée à l'extrême, elle peut, tout comme l'opposition des races, entraîner une scission de l'Etat. Elle est du moins alors naturelle et loyale. Mais dans les pays où règne la liberté religieuse, où des hommes de même confession peuvent appartenir à des partis politiques différents et des hommes de foi différente appartenir au même parti, faire appel au milieu des luttes politiques à la religion ne peut avoir d'autre but que d'abaisser l'adversaire et de le rendre suspect.

Il est inévitable que les oppositions de classes et d'états exercent une grande influence sur la division des partis. Jusqu'ici, derrière chaque grande question politique, s'est trouvé une question sociale. La lutte politique n'est souvent que la forme sous laquelle des oppositions sociales se font jour. Une preuve déjcà

* Ketteler. Freiheit, Autoritdt und Kirche, p. 99.

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