CONCLUSION
4. L'empire de riiumanité et les sociétés plus petites. -— 2. Tendances dans le sens de la paix perpétuelle. — 3. Enthousiasme pour les grandes choses, exactitude dans les petites.
i . — Le monde moral se compose d'une série de mondes plus petits ayant chacun son centre propre. Chaque individu forme un petit monde, quoique les forces d'un monde plus grand s'y fassent sentir. Il en va de même avec la famille, l'association de culture et l'Etat. Finalement tous rentrent dans le grand empire de l'humanité, lequel s'étend aussi loin que le genre humain et s'élargit même parfois au point de comprendre tous les êtres doués de la faculté d'éprouver du plaisir et de la douleur. (Cf. XLI, 3). Nous avons montré à plusieurs reprises (p. ex : III, 17; XII, I; XIV, 5; XXXVI, 4) que ce serait une erreur de croire servir au mieux le bien du monde le plus vaste en sacrifiant les mondes plus petits. La force et l'extension du sentiment sont en raison inverse Tune de l'autre : aussi importet-il extrêmement que l'intérêt se concentre dans les sphères plus restreintes et s'y fortifie avant de passer aux sphères plus grandes. L'exactitude dans les petites choses est une condition nécessaire afin de pouvoir obtenir quelque résultat dans les grandes. Le monde moral est, comme le monde physique, soumis à la loi de continuité : rien ne saurait y être omis. D'ailleurs l'idée de l'empire universel de l'humanité n'a d'abord d'autre rôle que celui-ci : elle nous interdit d'élever des barrières arbitraires et assigne à chaque être humain un centre qui l'empêche de pouvoir jamais être regardé comme une simple fin. L'empire de l'humanité ne se trouve ni en dehors ni au-dessus de la famille, de l'association de culture et de l'Etat ; mais c'est lui au contraire — nous l'avons constaté à chaque instant dans les pages
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