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IL — 3. MORALE THÉOLOGIQUE

tulats une signification morale on entreprend de les app7*écier, et il faut se demander alors sur quelle base on s'appuie pour faire cette appréciation, et quel critère on applique.

Cet axiome général des sciences, qu'il ne faut pas multiplier les principes sans nécessité, a donc également ici une signification pratique. En cherchant à se placer en dehors de la lutte des diverses confessions religieuses et des diverses théories métaphysiques (spiritualisme, matérialisme, etc.), non seulement la morale philosophique acquerra une base plus sûre de la moralité, mais elle agira pour le plus grand profit de la tolérance, de la liberté de croire et de la liberté d'enseigner. Elle neutralisera notamment ce détestable mode de discussion qui consiste à tirer des doctrines de l'adversaire des conséquences immorales.

Le problème moral occupe par conséquent dans la philosophie, à l'égard des autres grands problèmes, une situation très libre et très indépendante. Il existe naturellement un lien entre la théorie de la connaissance, qui étudie la base, les principes et les limites de notre faculté de connaître, la métaphysique, qui s'efforce d'arriver à une conception du monde, à une théorie générale de la nature de l'être, et la morale. Pourtant ce lien n'est pas si direct et si immédiat qu'on l'a souvent admis. Il y a en tout cas intérêt à maintenir les problèmes aussi séparés que possible, ce qui n'empêche pas qu'ils puissent en bien des façons s'éclairer mutuellement.

La morale philosophique, qui veut être une théorie scientifique de l'appréciation morale, doit se fonder sur la même base que toute autre science. Elle ne cherche point h ébranler les principes, les hypothèses et les résultats auxquels on aboutit dans les autres sciences ; elle ne réclame aucune place à part. Si elle devait faire appel à des principes contredisant ceux qui servent de fondement aux autres sciences, elle tomberait dans le domaine du contestable. La voie la plus sûre pour elle sera de s'appuyer sur les principes ordinaires. Pourtant, on admet très souvent, aujourd'hui encore, qu'au moins sur un point, dans la question de savoir si le principe de causalité s'applique à la vie volitive, la morale serait obligée de faire appel à des principes qui non seulement s'écartent des principes généraux des sciences, mais les contredisent ouvertement. Cette question sera traitée à part dans la suite.

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