ÎO IV. - 2. THÉORIE DE LA CONSCIENCE MORALE
rections que La conscience morale se fait subir a elle-même. L'appréciation a lieu de plus en plus avec conscience et d'après des principes certains. La morale philosophique n'est qu'une exposition méthodique du contenu de la conscience, tel qu'il se forme à ce degré. Ce que Kant a décrit dans l'impératif catégorique et dans la loi formelle et universelle de la raison pratique, est le résultat d'une longue période d'évolution historique et psychologique. ^
Quand la conscience morale agit comme instinct, l'individu ignore ce qu'il tait ; quand elle agit comme tendance, il en aune représentation crépusculaire; quand elle agit comme raison pratique, alors se produit une connaissance plus claire des idéals et des règles.
2. — La conscience morale se manifeste chez les individus isolés sous des formes et à des degrés très divers. Non seulement elle peut se présenter tantôt comme instinct à demi-inconscient, tantôt comme tendance, tantôt comme raison pratique, mais elle peut aussi renfermer comme principal élément tantôt la sympathie, tantôt le sentiment du devoir, tantôt celui de la justice. Tantôt son action sera négative, pour empêcher, tantôt elle sera plus positive, soit pour renforcer, soit pour relier, (cf. III, 20j. Parfois elle prendra la forme d'un dévouement enthousiaste, parfois celle d'une impulsion plus calme et plus constante. Ici, elle s'occupera avec ardeur des intérêts vitaux d'une petite société ; là, au contraire, elle sera déterminée par une large vision des besoins d'un grand nombre. Il serait impossible de décrire ne fut-ce que les formes principales sous lesquelles elles se manifeste dans les individus isolés. Mais il importe beaucoup d'être attentif à ces diversités, car nous souffrons encore aujourd'hui d'un dogmatisme qui prétend couler tout le monde dans un même moule. Une des conséquences du principe du bien général est justement que chaque individu doit vivre et agir autant que possible d'après son originalité propre, et nulle part cette conséquence ne doit s'appliquer autant qu'en ce qui touche la base morale. Ce sera justement quand l'individu aura à supporter la plus haute responsabilité, parce qu'il devra sauvegarder les plus hauts intérêts de lui connus, que l'individualisation de la conscience morale deviendra une nécessité, car c'est grâce à elle seulement que l'individu peut agir avec toute sa force. Quand l'individu n'agissait pas