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IV. - 6. THÉORIE DE LA CONSCIENCE MORALE

termine jamais) nous n'en pouvons rien savoir, et dans tous les cas, celui qui obéit à la loi de sa conscience, ne modifie rien à son rôle pour cela. Notre morale est celle des voyageurs (Elhica viatorum). Nous voyons le chemin ouvert devant nous mais nous n'en connaissons pas la fin. Nous savons en revanche que nous pouvons aller plus loin, dussions-nous d'ailleurs ne pas atteindre la fin, et nous savons que l'arrêt c'est le recul et la mort.

Le fait que la conscience morale ait pris naissance et se soit développée dans le monde humain, nous fournit cependant une preuve que des forces précieuses agissent dans l'existence. Nous ne vivons donc pas seulement ce sur des possibilités » mais encore sur une base réelle que nous cherchons toujours à étendre et a fortifier davantage. La vie morale est une lutte pour un empire qui est en train d'évoluer, et dont le sort est dans la connexion la plus étroite avec tout ce qui donne à la vie de la valeur et du sens. Sur cette considération, la morale se retire pour laisser les discussions dogmatiques et spéculatives suivre leurs voies propres.

6. — Le moment de la naissance de la conscience morale e^t celui où la différence entre l'idéal et la réalité produit un sentiment déterminé : elle naît comme tout instinct et toute tendance. Le moment de sa mort serait celui où cette différence disparaîtrait pour toujours. Par la nature même des choses cela peut avoir lieu de deux fa(;ons : soit parce que la réalité l'emporte sur l'idéal, soit parce que l'idéal l'emporte sur la réalité.

Si nous nous en tenons pour l'instant à la première éventualité, il pourra y avoir de nouveau plusieurs manières pour la réalité d'étoufler pour ainsi dire l'idéal. Cela pourrait avoir lieu soit par affaiblissement de l'esprit, soit par blasement, soit parce que l'homme s'adonnerait à des appétits purement animaux. Mais les cas de ce genre représentent un caractère individuel et spécial et par suite appartiennent à la morale spéciale. En revanche, comme nous étudions ici les principes généraux de la morale, nous nous demanderons s'il ne pourrait pas y avoir une conception ^cienlifique de la réalité telle quil ne resterait plus aucune place pour l'idéal.

Bien des gens croient qu'une pareille conception se trouve dans rhypothèse moderne de révolution. D'après celle-ci, en

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