V. — 2. /'. LA LIBERTÉ DE LA VOLONTE
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cela précède le choix. La possibilité d'un choix dépend par conséquent de ce qui a précédé. La liberté du choix ne contredit pas le déterminisme, et ce n'est pas elle qui est l'objet du
conflit.
f. Enfin le mot « liberté » peut désigner la volonté gouver^ née par des motifs inoraux. En ce sens, l'homme de bien seul est libre. Il faut supposer ici une évolution mentale si haute et une habitude si forte que la conscience puisse prendre une importance décisive dans chaque délibération et chaque résolution. Mais cela suppose h son tour manifestement l'existence d'une liaison causale psychologique. Il faut que la nécessité ou l'occasion d'agir puisse alors éveiller la conscience en vertu des lois qui régissent l'association des représentations entre elles ou avec les sentiments. Liberté veut dire ici que certaines pensées, certains sentiments ont obtenu la prédominance et refoulé d'autres pensées et d'autres sentiments. La liberté est ici l'opposé de l'asservissement aux tendances et aux passions sensuelles et égoïstes. Parfois on l'appelle la liberté vraie ou supérieure. Ce ^ens du mot est le plus ancien ; il vient de Socrate et se trouve employé par saint Augustin, Spinoza et plusieurs autres. Il n'a absolument rien à faire avec le conflit du déterminisme et de l'indélerminisme.
Dans ce chapitre nous ne pouvons faire usage que du premier des sens indiqués, quelle que puisse être d'ailleurs l'importance des autres sous d'autres rapports.
3. — On accorde généralement aujourd'hui que ce ne sont pas des raisons théoriques, mais des raisons d'ordre pratique et moral qui amènent à soutenir que notre volonté n'est pas soumise à la loi causale. Si l'on ne considérait la volonté qu'en psychologue ou en historien, on arriverait difficilement à soutenir une pareille opinion. Il y aurait toujours beaucoup de volitions dont on ne pourrait trouver l'explication, mais il n'y aurait là aucune raison de soutenir qu'elles n'ont point de cause. En revanche, on croit que cette opinion constitue un postulat nécessaire de la morale. En serait-il vraiment ainsi ? Serions-nous contraints d'admettre entre notre nature intellectuelle et not^re nature morale un désaccord tel que nous fussions obligés, pour ne pas nier la valeur de la morale, de nier le principe grdce auquel seul l'existence peut nous devenir intelligible ! En tout cas, nous devons être très prudents avant