VU. 2. TUKORIE DU BIEN
cients - J'entends par bien le « vrai » bonheur ou le « véri- Uble >: intérêt, .ne réLvant d'exposer en détail leurs conditions dans les chapitres suivants.
2 L'idée générale du bien, défini comme je viens de k faire, renferme pourtant certaines difficultés qu'il nous faut dès maintenant mettre en lumière".
"ntat durable de plaisir ne peut-U pas s'obtenir à des degr s très divers de l'évolution et par des voies très différentes? Un bonheur « vrai >> ou plutôt réel ne peut évidemment signifier rien d'autre que la satisfaction complète de tous les besoins qu on est capable d'éprouver. Or, le besoin qu'on éprouve dépend de la nature qu'on a. Le bien ou le bonheur de 1 un ne doit-il pa. être mis sur le môme plan que celui de l'autre, puisque chacun ne peut évidemment obtenir pour lui-même plus que la satisfaction de ses besoins, et que personne n'éprouve naturellement la nécessité de satisfaire un besoin qu'il ne ressent pas luimême? Gomment dès lors le principe du bien peut-il fournir une règle pour apprécier les plaisirs propres à des degrés d évolution et à des êtres difTérents ? , . „x * ^ .
Et en second lieu, estn^e que l'évolution des facultés et des forces humaines, est-ce que le développement de la cultiire dans son ensemble conduisent réellement au bien? Sans doute la culturc a pour effet d'augmenter les moyens dont dispose 1 espèce et de développer des facultés et des aptitudes qui n'existaient pas auparavant. Mais n'augmonte-t-elle pas aussi en même temps les besoins, tant matériels que moraux, et par conséquent les pos- .ibilités de privation, de douleur et de trouble intérieur? Un es pas iu^qu'à l'évolution et h l'élargissement de la sympathie et du sentiment du devoir qui ne menacent de compromettre le bien car on devient pf^r là sensible sur beaucoup plus de points, on devient plus exigeant pour soi et pour les autres et on ne trouve plus si facilement la paix du cœur. J'examinerai à part chacune de ces questions. 3 Stuxrt Mill a dit : « Il vaut mieux être un homme malheureux qu'un porc satisfait, être Socrate mécontent plutôt qu'un imbécile heureux». 11 justifie cette opinion en disant que,
« Dans mes Études morales, p. 24-42 (The Monist I, p. 529-543), j'ai discute ("un point de vue légèrement différent, et quelquefois avec plu. 'détendue que dans les pages'suivantes. les divei.es objections qui peuvent être ou ont été élevées contre le principe du bien.