‹ Morale [microform]Chapitre 86 sur 284 · IX. - 1. DIVISION DE LA MORALE INDIVIDUELLE · texte numérisé non relu

IX. - 1. DIVISION DE LA MORALE INDIVIDUELLE

pour montrer que l'affirmation do soi doit aussi avoir une va- Lr même aux yeux des autres. Un vigoureux et harmonieux déploiement de la personnalité est un objet de sympathie imniediate et d'admiration. Comme Hume' le remarquait déjà il est encore plus difficile d'expliquer par un intérêt égoïste admiration des autres pour les vertus qui proiitenl à l'individu lui-même que d'expliquer de celte manière la reconnaissance de vertus «ociales. Nous ne regardons pas nécessairement l'affirmation de ■,oi chez les autres comme un simple moyen. IIobbes ^ prend un détour inutile lorsqu'il explique l'aversion qu'inspire 1 ivrognerie par ce motif qu'elle amène en général facilement la rupture de la paix et fait qu'on n'ose plus se confier à l'individu. Quand nous voyons d'autres hommes manquer d'empire sur euxmêmes nous avons le sentiment immédiat d'une lacune dans le vigoureux et harmonieux développement du moi dont^ nou.s aimons àcontempler limage dans la conduite d'autrui. 1 faut naturellement sous-cntendre que la force et l'harmonie de 1 individu n'empêchent pas d'autres hommes d'atteindre pour euxmêmes un but analogue, bien plus, qu'elles servent Peut-eti-c de moyens pour cela. Comme nous l'avons montre plus haut (\ll . b^ il n'est à peu près rien, dans le développement individuel, même dans sa plus libre originalité, qui ne puisse avoir une portée sociale; toute affirmation de soi renferme une morale en puissance. Mais, en reconnaissant l'affirmation de soi comme une fin, la morale conduit au delà d'elle-même. Si la morale e«t faite pour la vie et non la vie pour la morale, il y aura une limite où les normes n'auront plus de valeur, parce que le développement immédiat de la vie n'a besoin d'aucune justification Il peut être difficile, lorsqu'on a des doutes, de décider ou se trouve cette limite et combien on en est près dans tel cas parliculier L'affirmation immédiate de soi a pourtant une valeur comme fin et pas seulement comme moyen : c'est une chose sur laquelle l'ensemble du point de vue adopté ici ne peut laissu

aucun doute. . , -ia ^<.n<

Toutefois, comme l'individu «'«-'«t J^'''^'^.^" ""^!;";!„^J*".

une multitude et comme les intérêts vitaux de la société forment

une totalité plus considérable où sont compris les intérêts de ^d

• Inquinj concermng

* De cive, lll, 25.

thePnnciplesofMorals, VI. 1, cf. Treatise.lU, 3. 6.

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