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IX. ~ 1. DIVISION DE LA MORALE INDIVIDUELLE

vie isolée, le dévouement pourra entrer en opposition avec 1 affirmation de soi. Le dévouement h une sphère plus lar-e de lins peut amener une extension de l'intérêt qui fasse obstade à 1 harmonie individuelle vers laquelle tend l'affirmation de ^oi Celle-ci s'occupe du petit monde propre de l'individu et le considère comme un tout fermé, tandis que le dévouement exi-c que ce petit monde soit mis en connexion avec un monde plus grand, ce qui peut amener un trouble provisoire dans l'harmonie interne du premier. Il s'en faut, en etfet, que l'organisation du petit monde s'insère purement et simplement dans l'oi-ani^alion du grand. La perfection interne et l'extension au dehors peuvent être en opposition, voire même en contradiction mutuelle. C'est pourquoi l'affirmation de soi et le dévouement doivent être considérés comme deux tendances différentes du caractère, comme deux vertus difl-érentes, et nous trouvons d'ailleurs que, dans l'histoire de la morale, on leur a aussi attribué une importance différente.

Il n'est pas nécessaire néanmoins qu'elles entrent en conflit Le besoin d'unité et de continuité qui s'exprime dc^à dans l'affirmation de soi, en tant que la personne isolée se considère comme un tout fermé, peut conduire au delà de la totalité individuelle et prendre la forme d'un besoin de connexion avec un ensemble plus vaste. Peut-être l'individu ne saurait-il assurer la cohérence interne de son petit monde que s'il rattache son intérêt à quelque chose de durable, de continuellement en progrès, d'incommensurable. Peut-être ne peut-il être fidèle à lui-même que s'il l'est à quelque chose qui le dépasse. Le

dévouement serait ainsi un prolongement de l'affirmation de soi.

En outre, il suit de là qu'il ne serait pas juste de considérer le dévouement comme la vertu passive, par opposition à l'affirmation de soi considérée comme la vertu active. La sympathie véritable, le sentiment qui mène immédiatement au dévouemont, n'est nullement une tendance à l'afl'aissement passif qui formerait le contraire de l'instinct énergique de conservation. On a de nos jours proclamé le droit du plus fort, l'absence <'goîste de tout scrupule comme la vertu par excellence, comme la marque du « surhomme », et regardé comme une révolte d'esclaves la proclamation de l'amour de l'humanité comme Pnncipe moral. A rencontre de cette opinion de Nietzsche il

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