Irréligion de l'avenir, p. 380 et
l'acceptation DE LA VIE : LA RÉSIGNATION 175
physique i, pose, en effet, une « Créature primitive » en amont du cours des choses observables dans notre univers. Ou bien, la souffrance et la mort sont-elles, ici-bas, la condition même de l'évolution créatrice; Dieu ne pouvant créer un être libre (contradiction dans les termes) et créant, dès lors, le moins possible t Cette thèse ingénieuse et hardie a été défendue par un professeur de sciences naturelles, M. F. Lecnhardt, évolutionniste convaincu et croyant. D'après lui. Dieu n'est pas un Dieu qui fait des œuvres, mais un ouvrier qui crée des ouvriers. Le monde est donc doué d'une spontanéité rebelle, qui déroute les théoriciens du Hasard, et dépiste les tenants du Finalisme ^ Guyau écrit, d'une semblable hypothèse : « Elle est certainement c^lle qui, dans le théiôme, pourriu encore longtemps paraître le plus plausible. » Et la philosophie de M. Bergson est de nature à prolonger son bail.
Pour simpUfier le problème du mal, faut-il, avec Stuart Mill, renoncer au prédicat de l'omnipotence divine î Bien des esprits, très différents les uns des autres, catalogués « rehgieux » ou étiquetés a irréligieux », semblent s'orienter dans cette voie \
Mais, en définitive, Dieu reste « la suprême déeision de l'âme ». Xon pas que Dieu soit notre (yréation. Car il y a beaucoup de profondeur dans cette pensée du père lîecker, un mystique : « C'est Dieu qui, en nous, croit en Dieu * ».