‹ Morale religieuse et morale laïque [microform]Chapitre 24 sur 89 · Le fils de Giboyer, acte IV, se. vi · texte numérisé non relu

Le fils de Giboyer, acte IV, se. vi

2. Gorgias, 492 B; Cf. 494 E. Platon prête un langage analogue à, nn autre sophiste, Thrasymaque, au livre I de la République, 343 A sq.

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déclamait déjà : « Pour quiconque a eu le bonheur de naître fils de rois, ou bien qui a été assez habile pour s'élever par lui-même à quelque pouvoir tyrannique ou royal, y aurait-il en vérité rien de plus honteux et de plus dommageable que la tempérance t Quoi ! des hommes, pouvant jouir de tous les biens, sans que personne les en empêche, se donneraient à eux-mêmes I)our maîtres les lois, les discours et la censure du vulgaire !» Il osait assurer que « le beau et le juste dans l'ordre de la nature » consistent à « laisser prendre à ses passions toute la force possible et à ne point les réprimer » ; enfin, vingt-cinq siècles avant Nietzsche, il dénonçait dans la tempérance une invention des faibles, des médiocres qui érigent en vertu leur honteuse impuissance à satisfaire tous leurs désirs. Que si l'on suspecte Platon d'avoir outré la doctrine d'un adversaire, qu'on se reporte à la doctrine bien connue de l'Ecole de Cyrène. Aristippe n'affirme-t-il pas a qu'un plaisir ne diffère pas d'un autre plaisir * », que toute joie « est désirable par elle-même * », que « le plaisir est un bien lors même qu'il vient des choses les plus honteuses * » ; et ne raconte-t-on pas que le sage de Cyrène, un jour que Denys lui avait fait conduire trois courtisanes afin de choisir celle qui lui plaisait le plus, les garda toutes les trois *, solution qui ne va pas sans déconcerter nos notions communes sur la tem-

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