Pantagruel, liv. IV, chap. xxxii
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systématiqne aux faux dieux, une sorte de suicide lent, qui dégrade, avilit, enlaidit la vie et lui ôte proprement tout son prix.
Ainsi tout a été dit sur la tempérance, depuis de» siècles qu'il y a des moralistes qui dissertent sur les vertus. L'espoir nous est interdit de renouveler ce sujet par aucun paradoxe. Est-ce une raison, cependant, pour ne point l'aborder ! N'est-ce pas d'ailleurs le propre des problèmes pratiques, — précisément parce que la vie de chaque jour les pose à nouveau — de solliciter indéfiniment la réflexion î Au fond, peu nous importent les raisonnables maximes de Socrate, les paradoxes voluptueux d'Aristippe, les rudes préceptes d'Epictète. Il n'est nullement évident que les solutions qui les ont satisfaits nous suffisent aujourd'hui. Autre temps, autres mœurs, autre morale peutêtre. Ce n'est pas dans l'abstrait d'une histoire déjà lointaine, c'est dans la réalité proche de nous, dans notre expérience de la vie individuelle et sociale, que nous devons chercher les termes du problème qui nous préoccupe.
Or, ne peut-on prétendre qu'il existe une forme moderne et tout actuelle du problème de la tempérance î Un fait, en effet, s'impose à la réflexion : il existe, dans notre société occidentale, — c'est-à-dire dans cette moitié de l'humanité qui a accepté le type de notre civilisation européenne, faite elle-même d'éléments judéo-chrétiens, grecs et latins, — il existe, dis-je, des « Sociétés de tempérance d. On ne peut contester la réalité ni l'ampleur de ce fait. L'Angle-
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terre compto environ cinq millions d'abstinents, dont la plupart se rattachent à des groupements de tempérance. L'ordre des Bons Templiers, dont les « loges » ont essaimé à travers les Etats-Unis et l'Europe, ne compte pas moins de sept cent mille membres. Or, ce fait est relativement nouveau. De tout temps, sans doute, certaines sectes philosophiques ou religieuses se sont distinguées de la moyenne des hommes de leur temps en s'imposant certaines abstentions. Les Pythagoriciens s'interdisaient l'absorption des viandes ; les ordres monastiques chrétiens ont adopté pour règle le vœu de chasteté, des jeûnes et des mortifications plus ou moins rigom^euses. Mais le caractère frappant des « sociétés de tempérance » est précisément qu'elles ne sont, en général, ni des sectes philosophiques ou religieuses, ni surtout des ordres monastiques. Leurs membres n'appartiennent pas nécessairement aux mêmes églises ni aux mêmes cercles sociaux ; beaucoup professent expressément la neutralité à l'égard des crédos et des systèmes et réussissent cependant à grouper des hommes arrivés des points les plus divers de l'horizon confessionnel ou intellectuel. Or, que des hommes qui s'ignorent par ailleurs, ou parfois même se combattent dans l'arène des luttes politiques, sociales ou intellectuelles, associent leurs volontés à la poursuite d'une fin aussi peu faite que la tempérance pour soulever les enthousiasmes collectifs, c'est un fait à première vue étrange et dont il faut examiner la signification. Suppose-t-il que l'idée moderne de tempérance enferme en elle-même une sorte
de vertu sociale susceptible de grouper des isolés ! Ou bien faut-i] admettre que notre civilisation a inventé des formes nouvelles d'intempérance, qui n'ont pas manqué de provoquer des réactions spontanées ? Ou bien ces deux explications sont-elles valables à la fois et se complètent-elles l'une l'autre !
Y a-t-il, tout d'abord, des formes modernes d'intempérance ? Ne pourrait-on prétendre, au contraire, qu'à certains égards nous sommes plus tempérants que nos pères 1 II est notoire que le sauvage se gave de viande le jour où la chasse a été heureuse, quitte à subir un jeûne prolongé quand le gibier échappe à ses prises. Il semble qu'il veuille prendre sa revanche des périodes de privation, ou bien qu'il se hâte de profiter d'une nourriture sujette à se corrompre et qu'il ne saurait conserver. Dans toutes les sociétés primitives ou même demi-civilisées, l'orgie de table suit communément la victoire, la fête civile ou rehgieuse. Plus près de nous, à lire les menus de certains repas du xvi® siècle, nous sommes stupéfaits de la capacité des estomacs d'autrefois l Aujourd'hui encore, les noces de campagne, en Normandie, en Auvergne, ou même dans les villes flamandes, durent, fréquemment, de six à douze heures et sont suivies d'interminables
i. Sur l'intempérance de nos pères, on trouvera de bien curieux détails dans un volume récent, Usages et mœurs d*aulrefois. La table, la conversation, etc., par Humbert de Gallier, Paris, 1942.
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beuveries. Parfois, le repas reprend le lendemain et le surlendemain. Il semble, à la campagne surtout, que des hommes habitués à la rude et sobre vie des champs, cherchent, aux dépens de leurs hôtes d'un jour, une compensation gratuite à la banaUté parcimonieuse de leur existence journahère. Il en est tout autrement à la ville aujourd'hui ; rien n'est de plus mauvais goût que d'assassiner ses hôtes de bonne chère. Nos banquets officiels, nos « vins d'honneur », sont des rites plus ou moins compliqués, où le fond a moins d'importance que la forme. Dans la vie privée, un simple « lunch » remplace souvent le dîner de noces. Il semble donc qu'une certaine intempérance, ceUe qui consiste en l'absorption gloutonne de doses massives d'aliments, tende à disparaître. A quelle raison attribuer ce changement ? Sans doute aux progrès de l'hygiène et à un certain affinement des mœurs, mais plus encore, peut-être, à l'extrême régularité des approvisionnements dans les villes civilisées. Il n'y a plus de famines, à peine de disettes, partout où le perfectionnement des procédés de conservation et la multiplication des moyens de transport comblent presque automatiquement les vides creusés par la consommation ou la mauvaise récolte. Il est à peu près sans exemple qu'un homme meure littéralement de faim dans nos sociétés riches. Dès lors l'abondance des repas est devenue la plus banale et, par suite, la moins estimée des jouissances sensibles, et le luxe vise simplement à la finesse, à la rareté des aUments et à la somptuosité de la mise en scène. Cependant la plupart des médecins
estiment que nous mangeons encore beaucoup trop, et que, notamment, notre nourriture est trop chargée
en azote.
Aussi bien cette régression de l'intempérance alimentaire est-elle compensée, et au delà, par certaines formes d'intempérance qui sont comme la rançon déplaisante de notre civilisation. L'industrie, à la lumière de la science, et l'exploitation intensive de pays nouveaux ont mis à portée de notre main, et parfois à si bas prix, une telle surabondance de jouissances nouvelles, qu'il semble naturel aux plus modérés d'en prendre leur part. L'habitude aidant, le plaisir inédit de la veille engendre l'exigence de demain ; tout besoin, même artificiel, — ou plutôt surtout s'il est artificiel, — suscite, dès qu'il est satisfait, un besoin nouveau. N'y a-t-il pas, par exemple, une véritable intempérance de vitesse qui pousse le voyageur à choisir toujoms le train le plus rapide, le sportsman à battre tous les records, à la course, en automobile ou en aéroplane î — une intempérance intellectuelle, qui porte le public à « dévorer » quotidiennement des journaux de six pages et plus, des feuilletons, des magazines, des romans à bon marché ? — une intempérance dans l'achat, qui nous fait débourser nos deniers sans compter, simplement parce que le grand magasin est là, librement ouvert, exerçant sur notre choix l'affolante suggestion de ses innombrables articles et de ses bas prix, ou parce que la mode asservit nos goûts à ses caprices trimestriels ! N'est-ce pas un entraînement semblable qui compUque
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indéfiniment, contre toute raison et parfois contre toute hygiène, le luxe de la table, du logement et du vêtement !
Aussi bien y a-t-il d'autres formes modernes d'intempérance qui comportent de plus sûres évaluations. L'usage du tabac, aucun fumeur ne le conteste, n'est qu'une jouissance de luxe. Or, en 1909, l'Etat français a encaissé 489 millions de francs, soit près d'un demimilhard, grâce à la vente du tabac, La consommation des liqueurs fortes, autre invention de l'industrie moderne, n'est pas moins formidable. Chaque Français, en 1910, a consommé en moyenne 3 1.59 d'alcool pur distillé à 100 degrés. Qu'on réfléchisse un instant à l'énormité de ce chiffre : il ne représente que l'alcool soumis à l'impôt et laisse hors de compte l'alcool distillé ou introduit en fraude, celui des bouilleurs de cru, celui, enfin, qui est contenu dans les boissons dites hygiéniques : vin, bière ou cidre. Or, si l'on tient compte des boissons hygiéniques, c'est au chiffre total de 19 litres d'alcool pur par tête d'habitant qu'il faut arriver. Avec ce chiffre, la France arrive de beaucoup en tête des nations alcoolisées, ainsi qu'il ressort des statistiques présentées, en 1911, au congrès antialcoolique international de La Haye. Et si, d'autre part, on songe qu'il y a, même en France, des abstinents, que les enfants ne boivent guère, que les fenmies, les vieillards et les malades, les aliénés, les soldats et les marins boivent peu, il faut se résoudre à conclure qu'un très grand nombre de Français absorbent, par an, de 50 à 60 litres d'alcool pur, c'est-à-dire la quan-
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tité d'alcool contenue dans plus de 100 litres de liqueurs à 50^. Quant à l'absinthe, la France, avec les 172 000 hectolitres à 100° qu'elle a consommés en 1910, absorbe à elle seule ime plus grande quantité de ce poison que le reste entier de l'humanité. Quel gaspillage de ressources représente pareille débauche d'alcool, il est malaisé de l'évaluer : Les 140 millions de litres d'alcool distillé et taxé que la France a bus, en 1910, coûtaient au bas mot 720 millions de francs, auxquels il faudrait ajouter l'énorme majoration provenant des frais de transport, de réclame, la valeur des journées de chômage perdues, le déchet provenant des malfaçons, des accidents du travail, l'entretien des hospices d'aliénés alcooliques, des prisons et des tribunaux, dont l'alcoolisme renouvelle constamment la clientèle.
Or, ces formes modernes de l'intempérance présentent un caractère commun bien déterminé : elles ne répondent pas au souci d'apaiser un besoin primordial, tel que la faim ; elles ont pour fin exclusive la satisïaction d'un besoin secondaire, le besoin d'excitation.
Pourquoi donc l'homme moderne recherche-t-il l'excitation avec une ardeur si passionnée ! C'est d'abord, sans doute, que l'excitation est agréable par elle-même, en tant qu'elle multiplie notre puissance de jouir et rend la dépense de notre énergie moins laborieuse et plus efficace ; c'est ensuite, et surtout, que l'excitation facilite le labeur énorme auquel nous astreint la vie moderne. H n'est pas douteux, en effet, que la vie urbaine n'exige de l'homme une dépense d'énergie beaucoup plus intense que la vie
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rurale, et que cette intensité ne croisse de pair avec la complexité de l'existence moderne. D'autre part, la vie urbaine offre à nos contemporains des jouissances beaucoup plus nombreuses et plus faciles que la vie rurale, et ce progrès, lui aussi, s'accélère de jour en jour. Or, le problème se pose de savoir si l'homme moyen est capable de résister à ces deux conditions de la vie moderne : surabondance de l'effort et surabondance du plaisir, l'une et l'autre risquant d'aboutir à une même conséquence : l'épuisement de la race. D'une part, la jouissance crée une prompte accoutumance et engendre des exigences nouvelles ; d'autre part, la dépense intensive de l'activité, gymnastique très saine dans certaines limites, ne tarde pas à imposer à l'organisme une usure rapide quand elle n'est coupée d'aucune trêve. L'excès de travail n'épuise guère moins que l'excès de plaisir.
On entrevoit, dès lors, la haute signification morale et sociale du problème de la tempérance. S'il y a des formes modernes d'intempérance, c'est qu'elles répondent à l'accroissement parallèle de notre capacité de jouir et de notre capacité d'agir ; c'est que la vie moderne nous impose, si nous voulons nous mettre à sa hauteur, de devenir à la fois plus réceptifs et plus actifs. On ne saurait donc nier l'immense importance du rôle des stimulants dans la vie contemporaine. H est fort possible, probable même, que notre civilisation serait très différente de ce qu'elle est aujourd'hui si l'alcool, le café, le thé n'avaient profondément bouleversé les conditions normales de l'invention et de
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Faction . MalheTirensemeiit anctin usage n'est plus âiffîcile à régler que cehû des excitants. Il est trop tard déjà quand on s'aperçoit qu'on est alcoolique, neurasthénique, surmené. Et cependant ne peut-on soutenir que l'abus des excitants commence avec l'usage même f Car un honame parfaitement sain n'est-il pas celui qui n'a besoin d'aucun secours extérieur pour digérer, pour « se mettre en train », et, inversement, pour retrouver te calme et le sommeil réparateur Y
Cette importance croissante des facteurs externes de l'intempérance dans la vie moderne est d'autant plus grave que ces facteurs n'interviennent jamais que comme les auxiliaires de facteurs internes. Or, il arrive souvent que ces derniers exercent leur action excitante ou déprimante, lors même que le sujet s'abstient de tout stimulus externe. Il peut y avoir certaines formes d'intempérance qui ne coûtent rien à la bourse. On peut abuser de soi-même, de ses forces, de ses facultés, sous le seul empire d'un sentiment fort. Dans cet ordre d'idées, les passions les plus nobles peuvent produire le même effet que les plus basses. L'âpre lutte pour la vie, la « capillarité sociale » qui pousse les individus à se hausser, de palier en palier, jusqu'au faîte de l'édifice humain, peuvent provoquer, et provoquent en fait, un effroyable gaspillage de forces physiques et morales. Surmenage, le travail de l'ouvrière de l'aiguiUe faisant tourner, x^ndant quinze heures consécutives, le volant de sa machine à coudre, pour gagner vingt-cinq sous par jour ; sux-
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ménage, la préparation des candidats, et surtout des candidates, aux examens ; surmenage, la tension cérébrale de l'homme d'affaires qui s'épuise à guetter heure par heure, parfois minute par minute, les oscillations de la cote des valeurs ; surmenage l'incessante méditation de l'inventeur, du professeur, de l'homme d'Etat...
Ainsi, à côté de l'intempérance banale, qui est de tous les temps, notre époque connaît une forme d'intempérance, en un sens plus haute, peut-être même solidaire du développement inteDectuel de l'humanité, mais susceptible de conduire aux plus avilissantes déchéances : alcoolisme, caféisme, « théisme », tabaeisme, morphinomanie, opiomanie, excès intellectuels, abus du travail nocturne, etc. Et qu'on ne suspecte pas dans ce tableau l'effet imaginaire d'un pessimisme systématique. Le surmenage des civilisés se traduit dans l'ordre des faits les plus concrets par deux grandes réalités sociales : l'accroissement constant du nombre des aliénés et l'accroissement, plus rapide encore, du chiffre des enfants anormaux. On compte dans les asiles de France environ quatre-vingt mille fous, auxquels il faut ajouter les centaines de milliers de déséquilibrés non dangereux, de neurasthéniques, de monomanes, d'agités, de lypémanes, que leur manie offensive ne permet pas d'enfermer. Quant à l'enfance, on évalue à 1 350 000 en France le nombre des simples arriérés pédagogiques, et à 300 000 celui des anormaux proprement dits.
Ainsi, le problème de la tempérance, qui n'offrait
à Socrate, à Aristippe et à Zenon qu'un intérêt purement individuel, prend aux yeux du moraliste moderne les proportions d'un problème social extraordinairement grave. On est même en droit de se demander s'il n'y a pas aujourd'hui des formes collectives d'intempérance et, par suite, des sociétés véritablement surmenées. Déjà l'on a vu disparaître rapidement des races entières, incapables de s'adapter au milieu nouveau créé autour d'elles par la civilisation : Fuégiens, Peaux-Eouges, Polynésiens. Or, il est notoire que l'intempérance physiologique, alcoolisme et maladies vénériennes, a joué un rôle désastreux dans cette dégénérescence ethnique. Mais, en considérant même les nations les plus civilisées, on peut se demander si quelques-unes ne présentent pas des signes non équivoques d'une sorte d'usure. A cet égard la population de l'Amérique du Nord, en apparence si énergique, si bien adaptée aux exigences de la « vie intense », pourrait bien offrir un symptôme significatif de ce que nous avançons. On remarque, en effet, la rapide dégénérescence et la disparition presque complète de la plupart des familles issues des premiers occupants. Il n'est pas rare même de constater, entre trois générations successives, dont les représentants sont encore vivants, la trace visible de cette décadence. Le grand-père, c'est le f armer à la carrure athlétique, au teint rubicond, taillé pour la lutte à outrance. Le père, c'est déjà le gentleman affiné par la vie urbaine, grand brasseur d'affaires, mais, à cinquante ans, neurasthénique. Quant au petit-fils c'est bien souvent
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un adolescent fluet, inapte à la lutte, plus pressé de jouir que de créer. Si l'Amérique du Nord demeure aujourd'hui encore, le formidable foyer d'activité que l'on sait, la cause en est à l'immigration qui renouveUe, rajeunit et assainit sans cesse ses réserves d'énergie. Dans les pays de très ancienne culture, comme la France, où l'accoutumance à la civilisation s'est faite par étapes graduelles, la décadence est peut-être moms frappante, mais eUe n'est que trop visible encore. EUe se traduit par la diminution constante de la taille et de l'aspect physique des conscrits, et même dans les régions ravagées par l'alcooUsme, par une formidable diminution du nombre des conscrits susceptibles de porter les armes. C'est ainsi que, dans l'Orne, en 1903, 57 p. 100 des conscrits ont été reconnus impropres au service militaire et que, dans les Vosges, c'est-à-dire sur la plus menacée de nos frontières, le pourcentage des indisponibles s'est élevé à 60 p. 100.
Si l'on cherche à discerner les causes générales de cette décadence, il semble bien qu'elle soit due, comme la dégénérescence individueUe, à une double forme d'intempérance. D'une part, le culte sans frein de la jomssance entraîne certaines sociétés à un véritable suicide ; teUe a été par exemple, l'action de l'opium sur la Chine, jusqu'au moment où ce pays a entrepris courageusement la lutte contre le fléau et décrété l'abolition totale de l'importation et de la production du poison. En France, il s'est trouvé des Parlements assez faibles pour accorder aux bouilleurs de cru un
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