‹ Morale surnaturelle spécialeChapitre 100 sur 144 · CONFIANCE SURNATURELLE · texte numérisé non relu

CONFIANCE SURNATURELLE

445. — c) Il est enfin d'autres espoirs qui reposent sur des promesses surnaturelles , graves par conséquent et dignes de confiance, mais étrangères à la révélation divine. — Elles ont été faites par quelque saint encore vivant ici-bas ou apparaissant après sa mort; par quelque Souverain Pontife ou quelque concile général ne définissant pas la foi et les mœurs révélées, mais approuvant avec ou même sans infaillibilité quelque genre de vie, quelque forme de dévotion, quelque objet de culte et de piété, quelques mérites extraordinaires de saints personnages, — et par suite promettant, soit explicitement soit implicitement, que les fidèles y trouveront avantages et ressources pour leur sanctification. — La confiance inspirée par de tels actes sera certainement surnaturelle, comme la foi ecclésiastique ou médiatement divine qui lui sert de support; mais elle ne sera pas théologale, immédiatement divine, comme si elle prenait son point d'appui dans les mérites du Rédempteur, dans les promesses de Dieu même ou dans celles d'un ange, d'un apôtre, d'un pape, transmettant expressément ou définissant infailliblement ces divines promesses.

446. — L'angélique Docteur a lui-même posé les bases de la doctrine qui précède, quand il a enseigné ceci : « Il est licite d'espérer en quelque homme, ou en quelque créature, comme en des causes secondaires et instrumentales par lesquelles on sera aidé à obtenir des biens quelconques coordonnés à la béatitude. Et de cette façon nous nous adressons aux saints, et nous demandons même certaines choses aux hommes ; et ainsi sont blâmés, (dans les Ecritures), ceux dont on ne peut espérer recevoir secours » (1). « Ceux-là sont blâmés, (dans les mêmes Ecritures), qui espèrent dans l'homme comme dans le principal auteur du salut; mais non ceux qui espèrent dans l'homme comme dans un aide agissant en tant que ministre de Dieu. Pareillement on serait

(1) Sum. Tfieol., 22, q. 17, a. 4, in corp. — Cf. Jerem., ix, 4.

répréhensible si l'on aimait le prochain comme fin '^

principale, mais non si on l'aime à cause de Dieu, suivant l'ordre de la charité (1). » — Le sujet en qui l'on espère ainsi n'est pas Dieu; mais il est, avec une certaine autonomie, l'instrument et le ministre de Dieu. L'objet que l'on espère n'est pas la béatitude suprême, la vision intuitive de Dieu; il n'est pas non plus la grâce proprement dite ; mais il est relatif et coordonné à ces biens surnaturels et proprement divins. L'espérance qu'on met en un tel sujet, en un tel objet, n'est donc pas véritablement théologale, mais elle est pourtant divine; elle ne l'est pas immédiatement, mais elle l'est médiatement.

(1) Ibid., q. 25, a. 1, 3"\ — Cf. Jerem., xvii, 5.

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