‹ Morale surnaturelle spécialeChapitre 114 sur 144 · b) A l'inverse, il ne sufifit pas, pour que l'acte · texte numérisé non relu

b) A l'inverse, il ne sufifit pas, pour que l'acte

(1) Luc, VII, 47.

(2) Matth., IX, 2.

(3) CoNC. Trident., sess. VI, cap. vi. — Sur ce chapitre fameux, voir Jos. Bexaglio, delV Attrizione quasi materla e parte del sacrameuto délia penitenza: cet ouvrage est un véritable chef-d'œuvre trop peu connu (ies théologiens. Voir aussi nos Thèses de pœiiitentia, etc.. soutenues au Collège Romain en 1863 (p. 6-11).

(4) Si les théologiens qui, les premiers, ont affirmé la nécessité « d'un certain acte d'amour de Dieu» dans l'attrition, pour que celle-ci suffise à la validité du sacrement de pénitence, avaient mieux étudié le chapitre F//^ de la r/e session da concile de Trente, où ils croyaient avoir découvert cette nécessité, ils auraient acquis la conviction que ce chapitre ne parle pas précisément de l'attrition et du sacrement de pénitence, mais de lajustification eu ricnéral: et que la célèbre formule « diligere incipiunt » insérée dans le texte conciliaire se rapporte à la charité elle-même tout simplement. —Et si les scolastiques paraissaient être plus nombreux, du temps d'Alexandre Vil, ù « nier la nécessité d'un amour divin quelconque dans la susdite attritioii, » c'est tout bonnement parce qu'ils voyaient plus exactement le but et la portée des paroles du concile. (Cf. Alexandri VII decretum, 5 maji 1067, super attritione ex metu (jehcnnœ.) — Observons toutefois que la bulle Auclorem fidci de Pie VI, n° 30, entend aussi l'amour initial d'un simple amour d'espérance dans l'attrition.

de charité théologale soit vrai, complet, justifiant, qu'il ait pour objet ou pour motif quelque bonté finie, simple dérivation ou manifestation de la bonté infinie et substantielle; ni surtout qu'il sacrifie à Dieu une partie seulement des choses qui lui sont opposées, se réservant d'en aimer l'autre partie. — Comme déjà nous l'avons vu, un acte d'amour ayant un autre objet ou un autre motif que Dieu même n'est plus un acte de charité proprement dite, de charité théologale; et fût-il d'ailleurs réellement surnaturel, comme l'est vraiment l'amour d'espérance, on ne saurait lui attribuer un caractère et une puissance exclusivement propres à la charité. — Quand le Seigneur dit : « Si quelqu'un m'aime, moi, mon Père l'aimera, lui (1), » le mot aimer a le même sens dans les deux parties de cette déclaration; et comme Dieu nous aime uniquement d'un amour de charité, sans aucun intérêt ni recherche d'utilité ou de plaisir, évidemment il nous faut l'aimer aussi d'un amour de charité pour avoir droit à sa divine amitié. — La même égalité, autant qu'elle peut s'établir entre Dieu et l'homme, est affirmée ou clairement supposée dans tous les autres textes sur lesquels se base la doctrine de la justification par l'amour de Dieu. — Il ne servirait de rien, pour en obscurcir la lumière, de dire que la charité parfaite est trop difficile, trop rare, pour que Dieu l'exige à défaut du sacrement de pénitence, dans la réconciliation et le salut des pécheurs; que l'amour justifiant est donc purement et simplement celui d'espérance avec un commencement de charité. En vérité, Dieu n'est pas plus embarrassé de donner une grâce efficace de charité qu'une grâce d'amour d'espérance; et le motif de la charité, de la contrition parfaite, n'est point trop rare et trop difficile. — Mais qu'on n'aille pas élever au rang des actes de vraie charité ces velléités d'aimer Dieu, ces demi-repentirs, ces tentatives de conversion, qui ne donnent pas à Dieu le cœur tout entier et qui seraient plutôt coupables, même

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fort coupables, s'ils étaient pleinement raisonnes et conscients, et s'ils réduisaient systématiquement la bonté infinie à la catégorie des biens finis. L'acte de charité peut succéder à ces mouvements très imparfaits, mais sûrement il ne s'identifie aucunement avec eux.

Théorème LXX.

514. — Uacte de charité peut être sans mesure envers Dieu, mais non pas envers les créatures; ses perfections accidentelles servent grandement à perfectionner la vertu infuse de charité et la grâce sanctifiante, tandis que ses imperfections accidentelles peuvent être pour celles-ci une cause de fâcheux stationnement , sinon une occasion de ruine totale.

515. — Bien que l'acte de vraie charité soit essentiellement et toujours un acte d' amour parfait, il peut cependant être un acte phcs ou moins parfait dans cette parfaite espèce d'amour. Et la raison en est, suivant la belle doctrine de saint Thomas, que si nous pouvons et devons aimer Dieu tout entier, c'est-à-dire lui en soi et en ses œuvres; que si nous pouvons et devons l'aimer entièrement, c'est-à-dire en lui rapportant tout notre être et tout notre avoir, nous n'avons ni le pouvoir ni le devoir d'égaler notre amour nécessairement fini à son amabilité nécessairement infinie (1). — Il y aura donc toujours un écart immense entre notre charité et son objet. Sa perfection à elle consistera dans la diminution progressive de cet écart (2). Ayant débuté par bannir de l'âme toute attache au péché mortel, ce qui est le premier et absolument nécessaire degré des commençants, — elle combattra énergiquement l'affection au péché véniel, ce qui est le deuxième degré particulier aux progressants, — et finalement elle arrivera jusqu'à la pleine conformité de tous les mouvements libres de la volonté humaine avec la

(1) Snm. riteoL, 22, q. 27, a. 5.

(2) Ibid., a. C.

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