‹ Morale surnaturelle spécialeChapitre 25 sur 144 · FOI THÉOLOGALE · texte numérisé non relu

FOI THÉOLOGALE

son motif comme une lumière intellectuelle en laquelle lui apparaît son objet (1), on peut et doit dire qu'elle est divine aussi à raison de sa lumière, — Et si enfin Ton observe qu'une vérité de Dieu, éclairée par la lumière de Dieu, acceptée sur l'autorité de Dieu, ne peut que mettre une perfection spécialement quoique non essentiellement divine dans l'âme qui croit, il convient de proclamer que la foi dont nous parlons est divine quant û son énergie même et quant à son résultat. — Or le mot technique, grec d'origine, qui désigne le mieux une connaissance ainsi divine par son objet, par son motif, par sa lumière, par ses sources et par ses effets, est celui de théologique ou théologale, La foi immédiatement divine est donc très justement nommée foi théologique ou théologale] et quoique l'espérance et la charité partagent avec elle le titre de vertus théologales , c'est cependant à elle qu'il s'adapte le plus exactement, puisque il inclut la notion de connaissance qui ne se retrouve formellement ni dans l'espérance ni dans la charité (2).

110. — Connaissance théologale, la foi est par le fait même une connaissance essentiellement surnaturelle. Car nulle force naturelle ni préternaturelle ne saurait donner à l'homme l'audition d'un témoignage divin et la possession d'une vérité divine. — Il ne s'agit pas ici, en effet, d'une simple manifestation de Dieu par voie de causalité, comme dans l'œuvre de la création et dans le gouvernement providentiel du monde, bien que saint Paul en parle comme de témoignages dont Dieu ne s'est jamais dessaisi durant la longue histoire du genre humain (3).— 11 ne s'agit pas non plus d'une vérité appartenant à Dieu comme toutes celles qui logiquement et naturellement dérivent de lui, encore qu'elles soient, comme dit le Psal-

(1) Cf. Log. surn. suhj., Théor. XV-XVI.

(2) Le mot Xoyo; inclus dans l'appellation de théologale indique en effet proprement un acte de connaissance qui n'est pas dans l'espérance et la charité théologales, mais qui les précède seulement, tandis qu'il constitue formellement la foi théologale.

(3) AcT., XIV, 16.

miste, des paroles qui vont partout et qui partout sont entendues (1). — Mais il s'agit d'un témoignage surnaturel par lequel Dieu entre en société, en conversation, avec l'homme appelé à faire partie de sa famille, de sa divine maison ; et il s'agit d'une vérité absolument inaccessible de ()ar son essence aux efforts de l'intelligence humaine; ou du moins d'une vérité prise en spéciale garantie par Dieu, et comms telle également inaccessible aux plus ardentes et aux plus habiles investigations du génie humain (2j. — Connaître Dieu et la vérité divine autrement que par nos forces naturelles, ou que par une certaine communication préternaturelle des forces naturelles de l'ange; connaître Dieu et sa vérité par un témoignage spécial directement émané de lui, est donc un acte essentiellement 5i^?^na^i^r^Z; et qui dit /b/ théologale, dit éÇ{\i\vd.\QVCiVCiQïi\ acte surnaturel par son objet et son motif. — Assurément il y a d'autres éléments et d'autres raisons de surnaturalité en lui, et nous les étudierons un peu plus loin; mais leur présence est principalement et rigoureusement exigée par le caractère surnaturel de V objet et du motif de la foi théologale, — en vertu de cette loi fondamentale, essentielle et universelle en psychologie, que toute puissance doit être proportionnée à l'objet vers lequel elle tend par son acte, et au moteur sous l'impulsion duquel elle produit celui-ci. Quand donc l'objet et le motif de notre connaissance appartiennent à l'ordre surnaturel, il faut que notre faculté cognoscitive soit élevée par la grâce divine à ce même ordre, — sans quoi l'acte qui s'ensuivrait ne serait pas conforme à l'idée divine, et ne servirait de rien à la sanctification de l'âme humaine.

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