‹ Morale surnaturelle spécialeChapitre 26 sur 144 · PSALM., XVIII · texte numérisé non relu

PSALM., XVIII

(2; Le fait de cette prise en garantie spéciale par Dieu est un acte essentiellement libre de la volonté : or, jamais la raison créée ne saurait découvrir par elle-même une libre décision de Dieu. (Cf. Log. surn. suhj., Tliéor. LXVIII.) Si donc nous pouvons naturellement connaître la substance de certaines vérités naturelles dont Dieu se porte spécialement caution, nous ne pouvons jamais les connaître sous ce rapport testimonial et surnaturel, qu'en les apprenant de sa parole ré\élatrice

l'A noir. DE DIEU 8'>

Théorème XX.

111. — L'objet de la foi immédiatement divine peut être désigné, si étendu et si varié quil soit, .par la simple et courte formule de parole de Dieu : à co7idition pourtant de donner au terme de parole le sens (^'attestation précise, de témoignage formel.

112. — « Dieu, disait saint Paul, ayant autrefois parlé à nos pères par les prophètes, nous a tout récemment et dans ces derniers jours parlé par son Fils(l). » Et ce divin Fils disait lui-même : « Quand l'Esprit que je vous enverrai de la part de mon Père sera venu , il vous suggérera tout ce que je vous aurai dit; et il vous enseignera toute la vérité » que surnaturellement je vous ai destinée (2). — Cette double parole divine, prémessianique et messianique, adressée à l'humanité entière et constituant la révélation publique, universelle, fut toujours accompagnée, comme elle sera toujours suivie, de paroles divines plus ou moins fréquemment adressées à certaines individualités ou à certains groupes, et constituant les révélations privées^ particulières. — Uensemble des choses dites par Dieu et appartenant à l'une ou à l'autre de ces deux catégories est assurément considérable. Tout n'a pas été consigné par écrit, surtout en fait de locutions privées; et néanmoins la Bible, qui renferme une partie seulement de la révélation publique, est un livre d'ampleur assez considérable. A tout cet ensemble répond suffisamment, nettement, la formule de parole de Dieu.

113. — 1^'à diversité des formes revêtues par cette parole est grande aussi. Dieu l'a communiquée quelquefois par des signes graphiques, comme les tables de pierre de la loi sinaïtique, comme le Mane Tliecel Phares du festin de

(1) Heeu., I, 1-2.

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Balthasar, comme les mots écrits sur le sable par lo divin Maître à l'adresse des pharisiens accusateurs ; quelquefois aussi par des signes phonétiques, comme les paroles éclatantes du Père céleste révélant au monde Ip sainteté et la gloire de son Fils, comme les mots fameux qui terrassèrent et convertirent Saul le persécuteur; quelquefois encore par l'inspiration hagiographique donnant capacité, mission, impulsion et assistance à certains hommes pour écrire, pour dicter, pour parler divinement; quelquefois enfin par des locutions internes, c'est-à-dire par des illuminations intellectuelles revêtant un caractère très net de témoignage. — Cette variété do formes, facile à distinguer dans les monuments authentiques de la révélation publique et de la révélation particulière, n'empêche pas que celles-ci ne puissent également et indifféremment être appelées la parole de Dieu. On la dit écrite, ou orale, ou traditionnelle : peu importe, c'est toujours la parole de Dieu (1).

114. — La foi théologale a donc pour objet unique et universel la parole divine. Cette formule est aussi vraie que commode, à la condition pourtant de prendre et d'expliquer le terme de « parole » dans le sens de témoignage, d'attestation, de notification par voie d'autorité. Si l'on négligeait cette explication pour en adopter une autre plus ou moins éloignée, on s'exposerait à fausser le sens exact, rigoureux, du mot de foi théologale. — La foi est toujours une croyance répondant à la déposition, à la proposition, d'un témoin digne de créance et prêtant la garantie formelle de son savoir, de sa véracité, de sa valeur intellectuelle et morale, à la vérité théorique ou pratique exprimée dans ses assertions. La foi théologale suppose donc que son objet est ainsi certifié par Dieu, ainsi cautionné par Dieu; et si la divine parole cessait quelquefois de vouloir attester, témoigner, donner garantie et caution, nous continuerions sans doute ê lui devoir le respect absolu qu'on doit à une parole qui

(1) Nous avons décrit ces furmes cii Uuj. siun. subj., Théor. XXVil-XLU.

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