FORMES DE RÉVÉLATION
rieure au Messie, se subdivise elle-même en patriarcale oirnosaïque, selon qu'elle précède ou qu'elle suit la constitution spéciale et surnaturelle du « peuple de Dieu, » peuple prédicateur et prophète au milieu du monde païen; l'autre, qui commence avec le Messie, est la grande et définitive révélation chrétienne à laquelle nulle autre ne succédera plus, sinon l'apparition finale du Christ juge des vivants et des morts, puis l'éternelle et immense apocalypse de la vision béatifique (1).
130. — Relativement à la forme concrète dans laquelle nous la trouvons exprimée, et au point de vue pour ainsi dire logique, la révélation publique se divise en écrite ou scripturaire et biblique, et en orale ou traditionnelle. — La révélation écrite fut rédigée sous l'action inspiratrice de Dieu même, et reçue dans la Bible, dans les Livres Sacrés, dans l'Écriture Sainte, par l'autorité religieuse de l'Ancienne puis de la Nouvelle Alliance (2). — La révélation orale fut enseignée par Dieu et spécialement par son Fils Jésus-Christ, puis suggérée par l'Esprit divin aux « témoins » providentiellement choisis et surnaturellement institués pour la prêcher avec l'assistance perpétuelle du suprême Témoin, du Maître absolu de toute intelligence et de toute vérité (3).
131. — L'autorité religieuse chargée de conserver et de propager la révélation publique, soit écrite soit 07^ale, le fait de deux manières différentes et qu'il importe de distinguer. Parfois elle en définit un point spécial, le déterminant et le délimitant, l'interprétant et le déclarant dogme de foi, mystère de foi, article de foi; de sorte que les fidèles n'ont qu'à y croire, et les théologiens qu'à le prendre pour un des principes indiscutables de leurs
(i) Sur lô contenu de la révélation publique, cf. Logique surn. subj., Théo rèmeXXXrV.
(2) Sur le rôle de la. Synagogue dans l'A. T. et de {'Église dans le N. T., rela tivement à la reconnaissance et pour ainsi dire à la canonisation desÉcnimes> Inspirées, cf. ihid., Théor. XXVII-XXXI, et Log. surn. obj., Tliéor. LTII-LIV, LXXVII-LXXVIII.
(3) « Testibus prseordinatis a Deo. » (Act., x, 41.)
travaux scientifiques. — Le plus souvent, l'autorité religieuse se contente d'une proposition générale et pour ainsi dire globale de la révélation biblique ou traditionnelle, laissant aux fidèles, aux théologiens surtout, li soin fructueux, l'intéressant travail, de rechercher e; d'expliquer par eux-mêmes ce que Dieu a voulu nous enseigner. Mais cette initiative est évidemment contenue dans de sages et nécessaires barrières, dont les principales sont, au point de vue théorique, l'obligation d'accorder ces recherches, ces interprétations, avec les articles de foi définis, — et au point de vue pratique, l'obligation de s'inspirer continuellement des lueurs et des indications que l'autorité ne manque pas de donner assez abondamment là même où elle ne définit pas (1). 132. — Quand l'objet de la foi n'est manifesté que pour des individualités et des groupes, non pour l'humanité entière, il se nomme révélation privée ou particulière^ quoique parfois le retentissement de telle ou telle vérité de cet ordre restreint, par exemple de la dévotion envers le Sacré Cœur de Jésus ou envers sa Sainte Mère, puisse s'étendre à tous les croyants. — Directement et de soi, accepter et expliquer les révélations privées est l'affaire des personnes pour qui elles sont divinement faites. L'autorité doctrinale se garde bien de les mettre au niveau de la révélation publique ; — elle leur défend même de la contredire, sous peine d'être immédiatement convaincues de mensonge, — de s'y égaler, sous peine d'être déclarées impies, — de vouloir s'imposer comme elle à l'assentiment général, sous peine d'être taxées de tendances schismatiques sinon pires. C'est pourquoi la théologie mystique, en grande partie composée de ce^ révélations particulières, reste soumise à la théologie authentique et même à la théologie simplement scientifique (2).
(1) Cf. Lofj. surn. suhj., Tliéor. XXVl-XLV, et Traite de la Sainte Écriture, V1I« Question.
(2) Cf. Log. surn. subj., Théor. LVlil