EXPLICITE ET IMPLICITE
citement attestées par Dieu. La certitude n'en est pas moins complète, absolue, surnaturelle, ainsi que nous l'expliquerons plus loin; mais tout ce qui est surnaturellement certain n'est pas divinement révélé, et la foi théologale n'est pas la seule qui exige notre adhésion dans Tordre de la grâce.
142. — b) Une théorie servant très évidemment de base à une loi portée par Dieu, à une punition infligée par sa justice, à un conseil donné par son infinie sagesse, à une exhortation, à un encouragement, à une parole de compassion ou de reproche émanés de lui, devra être tenue pour implicitement révélée et proportionnellement \)Owv objet de foi, encore qu'elle soit renfermée dansunac^e de volonté plutôt que dans un acte d'inielligence, d'enseignement, de témoignage divin. — Ainsi 1° la suprême amabilité de Dieu est implicitement révélée dans le premier commandement du décalogue nous obligeant à i'aimer de tout notre esprit, de toute notre âme, de toutes nos forces. 2" I.e châtiment infligé à l'impur Onan nous manifeste, à la lumière de Dieu même, la réalité, la gravité, des fautes commises par ce lâche pécheur. 3"" Quand Notre Seigneur regarda Pierre, ou quand il appela simplement Marie-Madeleine, sa miséricordieuse tendresse se révéla clairement à eux, quoique d'une manière seulement implicite, et sans nulle forme didactique (1).
143. — c) Cette révélation tout ensemble implicite et pratique est surtoui éloquente dans les faits surnaturels, intérieurs ou extérieurs à nos âmes, ordinaires ou extraordinaires : la révélation explicite et théorique en est comme un bref résumé, ou comme un sommaire précédant un immense et sublime chef-d'œuvre. La grâce Ijabituelle et actuelle, les sacrements, cette institution
U) Nous disons que ce genre de propositions implicites doit être «très éviaemment » lié avec les actes de la volonté divine pour qu'il puisse être regardé c:omme implicitement révélé ; car s'il ne s'en déduisait qu'au moyen de propositions purement humaines et naturelles, il rentrerait dans la catégorie dont nous parlions au:x n"' 139-141.
iOG VERTUS THÉOLOGALES
toute surnaturelle qui est l'Église, la gloire et la vision intuitive qui en sont le couronnement, ne présupposent- )ls pas, n'attestent-ils pas la libre et merveilleuse volonté que Dieu a conçue, qu'il réalise chaque jour, d'être par adoption le véritable père d'une multitude de fils qui autrement ne seraient que ses créatures, ses sujets, ses instruments de règne et de domination? Quelle démonstration de son paternel amour, du dessein qu'il a formé de nous unir intimement à lui, vaudra jamais la preuve de fait contenue dans l'Eucharistie ou dans le sacrement de l'Ordre? Incontestablement donc il y a, dans les événements et les dons surnaturels que sa providence nous a ménagés de siècle en siècle , il y a notamment dans l'histoire qu'il en a inspirée aux hagiographes bibliques, des vérités suffisamment témoignées pour être objet implicite de la révélation (1).
144. — d) C'est par un symbolisme analogue à celui-là que certains j)ersonnages figuratifs de l'Ancienne Loi, certains monuments comme le Tabernacle mosaïque, de nombreuses paraboles, comparaisons et images, sans être explicitement et directement révélateurs, même sans dépasser notablement le niveau des connaissances scientifiques ou esthétiques que possédaient les peuples voisins d'Israël, renfermaient cependant, à l'état implicite et latent, des vérités surnaturelles que Dieu voulait manifester peu à peu, en tenant compte des faiblesses, incapacités, déchéances intellectuelles ou morales du temps où il parlait. Et aujourd'hui encore, bien des vérités religieuses nous apparaissent à travers les voiles de l'Arche d'alliance, à travers les nuages et les fumées du Temple, à travers les descriptions orientales que les écrivains prémessianiques font de la nature et des attributs de Dieu, de sa providence et de ses œuvres. Aujourd'hui encore les admirables comparaisons, les allégories et les paraboles si gracieuses et si majestueuses du Rédempteur, nous distillent pour ainsi dire
(i) Moyennant la condition sijînalée dans la note précédente.