EXPLICITE ET IMPLICITE
une manne de vérité, un miel de doctrine, que no\i3 pouvons recueillir parfois comme un très précieux objet, quoique implicite seulement, de révélation et de foi (1).
145. — Si l'objet explicite du témoignage divin a souvent besoin, pour être exactement saisi et sûrement compris, d'être proposé, expliqué, défini, par l'autorité de l'Église, à plus forte raison l'objet implicite, tel que nous venons de l'esquisser, requiert-il fréquemment cette intervention et cette interprétation authentiques, pour devenir nettement l'objet nécessaire de notre croyance. C'est principalement en face de ces mystérieux enveloppements, de ces sublimes mais obscurs et parfois étranges symboles, que la raison individuelle est exposée à se troubler, à se perdre dans de chimériques rêveries, à prendre les images pour des réalités et les ombres pour des dogmes lumineux. — Mais la difficulté de bien déterminer les points implicitement contenus dans la Révélation, dans la Tradition, dans les Livres inspirés, n'est pas du tout un suffisant motif de contester l'existence de ces demi-témoignages, de ces affirmations à mi-voix, de ces assertions implicites, qui offrent au moins beaucoup d'utilité et de charme aux études d'une prudente exégèse. — Ce qu'il faut cependant éviter comme une erreur fondamentale, c'est de sacrifier Vexplicite à Vimplicite, et de s'imaginer que Dieu ne parle jamais que comme maître et témoin pour enseigner et réclamer de nous des actes de foi. Dans l'ordre surnaturel et révélé qui est avant tout la famille et la maison divines, sa voix est souvent celle d'un père, d'un conseiller, d'un ami, d'un consolateur, que dis-je? d'un frère, d'un époux, d'une mère; et il y faut premièrement et formellement répondre par la religion, la confiance, la gratitude, la tendresse, l'amour.
(1) En observant plus soigneusemem (jue jamais la condition susdite, et en tenant grand compte du n» suivant.
\0i^ VERTUS THÉOLOGALES
Théorème XXIV.
146. — Les moiiîs du jugement de crédibilité, du jugement de fidélité, de l'acte de foi théologale, sont en grande partie contenus dans V objet de la révélatio7i, conséquemment aussi dans V objet de la foi; mais il n'en résulte aucun défaut de logique ni aucune apparence de sophisme.
147. — Pour les adultes qui viennent ou reviennent à la foi chrétienne, un jugement de crédibilité sur l'objet à croire est nécessaire. Pour les adultes, déjà croyants, qui se demandent s'ils doivent persévérer dans la foi de leur baptême ou de leur conversion, un jugement de fidélité s'impose. Ces deux jugements ont leurs motifs rationnels, très décisifs, que nous avons étudiés dans un autre volume (l) : ce sont d'abord des préambules t/téoriques, — l'existence de l'âme humaine et de Dieu son créateur, la possibilité et la réalité d'une communication supranaturelle de Dieu à l'homme; puis des préambules historiques, — le fait divin de l'Église, son témoignage divin, l'objet de ce témoignage; enfin des préambules pratiques, — l'obligation de l'esprit à tenir pour vrai ce qui lui est démontré tel , l'obligation de la volonté à recevoir l'offre que Dieu lui fait de l'ordre surnaturel, et à s'y disposer par tous les moyens nécessaires qui peuvent dépendre d'elle. — L'acte de foi théologale, auquel la crédibilité et la lidélité que nous venons de dire servent d'introduction logique, a lui-môme son motif très raisonnable, très évident, — la souveraine, •infaillible, l'impeccable vérité de Dieu, — que nous étudierons dans le Paragraphe 5-m\0ini.
148. — Les apologistes et les théologiens, en examinant de près toutes les vérités préliminaires qui conduisent à l'acte de foi, et celle qui lui sert de motif lormel, ont
(1) Log. surn. obj , p. 83-619.