PARALOGISME A ÉVITER
constaté qu'elles se trouvaient fréquemment affirmées par la Tradition et par la Bible, aussi bien, que les mystères, les dogmes, les articles de foi (1); et ils se sont demandé, avec quelque embarras, si ces vérités incluses dans le trésor de la révélation ne devraient pas être objet de foi, et s'il n'en résulterait pas un déplorable sophisme, puisque nous croirions les vérités mêmes qui nous détermineraient à croire. N'est-ce pas un cercle vicieux d'admettre la compétence, la véracité, le récit enfin d'un narrateur ou d'un témoin, parce qu'il déclare être savant, ne jamais mentir, et ne pas se tromper dans les assertions qu'on vient d'entendre? Et si c'en est un quand il s'agit d'un homme, pourquoi n'en serait-ce pas un quand il s'agit de Dieu? — Les auteurs catholiques sont partagés là-dessus en deux camps. — Beaucoup, avec saint Thomas d'Aquin, disent que le sophisme ne saurait exister, attendu qu'on ne peut croire de foi ce que l'on sait d'évidence; et cette solution, fort radicale assurément, détruit la difficulté jusque dans sa racine. Mais nous avons expliqué ailleurs (2), par des arguments qui nous semblent décisifs, pourquoi nous ne pouvons la suivre en dépit de la grande autorité dont elle s'honore. — D'autres ont admis que par la Sainte Écriture Dieu avait positivement révélé nombre de vérités philosophiques, de préliminaires naturels de la foi surnaturelle, et qu'on pouvait les croire sans nul cercle vicieux. Nous en sommes pleinement convaincu nousmême, et nous voudrions le prouver d'une façon très simple et très lucide.