‹ Morale surnaturelle spécialeChapitre 38 sur 144 · PARALOGISME A ÉVITER · texte numérisé non relu

PARALOGISME A ÉVITER

fait, par exemple l'existence de Dieu, est distinctement, séparément et successivement admise par mon intelligence comme préambule de /bi d'abord, comme objet de foi ensuite, elle est dans sa première période à V étal d'intelligible évident, et dans la seconde à l'état d'intelligible inévident (1) . Elle ne précède et ne suit pas sous la même forme et avec la même lumière. Elle change abso- 'ument de certitude en passant d'un moment à l'autre. Elle est philosophique en commençant, théologique en finissant. Sa valeur rationnelle m'induit à reconnaître sa valeur révélée. Sa fonction de vérité humaine prépare et justifie sa fonction de vérité divine. Je l'avais accueillie avec mon bon sens, quand je l'avais vue dans sa clarté finie : je l'accueille avec ma foi, quand je la contemple dans sa splendeur infinie qui est celle de Dieu même témoignant pour elle. Quoi de plus logique et de moins sophistique?

152. — Je sais fort bien que ces deux séries d'objets et de connaissances ont l'une et l'autre absolument besoin de grâces, pour que la foi puisse être surnaturelle depuis son commencement jusqu'à son acte formel. Cet élément catégoriquement divin sert de lien étroit, intime, essentiel , aux diverses phases de ce processus sacré. Mais il ne supprime aucunement, ni même ne diminue le moins du monde, la réelle et profonde distinction entre les préliminaires évidents et l'acte inévident de la foi. — Les grâces antérieures à celui-ci élèvent et transforment déjà le sujet qui se dispose à croire, mais non les objets par lesquels il s'y dispose : il les voit d'une manière surnaturelle sans doute, mais dans leur objectivité naturellement évidente, — Par contre, les grâces constitutives de l'acte de foi rendent le sujet capable de connaître surnaturellement les oèje/^ surnaturellement révélés; mais sans en modifier nullement la condition et l'état d'inévidence .

(1) Sur Vèvidenre propre des préliminaires de la foi, cf. Log. surn. ohj., Théor. (.XXXIX; sur Vinéoidence de la foi elle-même, cf. Log. surn. siibj., Tliéor. LXX.

ils restent tels qu'ils étaient avant l'acte de foi; c'est le sujet, encore ici, qui change relativement à eux et qui est mis en rapport certain mais inévident avec eux. — Un acte de science évidente peut donc être surnaturel dans son sujet et en raison de celui-ci ; de même que l'acte de toi surnaturelle est réellement inévident en son objet et à raison de lui (1).

Théorème XXV.

153. — Vohjet de la foi théologale est intimement lié avec celui de la morale surnaturelle ; de là vient la célèbre et officielle formiole des choses ou questions de foi et de mœurs.

154. — La foi et la morale sont aussi distinctes que l'intelligence et la volonté, que la contemplation et l'action, que la connaissance et l'amour, que la théorie et la pratique. Elles ont donc deux objets également distincts : le vrai et le bien, la réalité et la loi, ce qu'il faut oroii'e et ce qu'il faut faire. — Mais ces deux objets sont simultanément révélés par Dieu, simultanément enseignés par l'Eglise. Ils sont constamment unis et mêlés dans la parole biblique, dans la parole tradition- •lellc. Une formule depuis longtemps usitée dans les décrets conciliaires et dans les documents pontificaux les associe intimement : « choses de foi et de mœurs», «(doctrine de la foi et des mœurs », « questions relatives ùi la foi et aux mœurs » (2). Dieu a voulu enseigner ces

(1) Si l'on voulait (iblenir A loul prix une s'nnullanéité complète Q,m\)v?(S,s^n\. dans un seul ol i:;c!ne acte de foi, et sans aucun corde vicieux, \es préliminaires de la foi, le motif de Ja foi, Vobjel malériel de la foi, on pourrait la trouver dans IVtdt^ uniocrsel cl implicite dont nous parlons en Log. suni. obj., n°^ 88o-887. 11 donne, croyons-nous, léf^itime satisfaction au désir que les théologiens ont souvenl eu (ïnonorcr et de consolider le motif de la foi théologale. Ne pas s'en conlcnler el vouloir davantage nous semblerait illogique et peu honorable, peu nissuranl, [tour l'aclo de foi qui doit être essentiellement sage et prudent.

(2) Au concile de Constance on voit le pape .Martin V l'employer comme équivalente de materia fuîei et comme exclusive de res ad disciplinam perti-

Page 1