‹ Morale surnaturelle spécialeChapitre 5 sur 144 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Théorème III.

12. — La division des vertus surnaturelles en théologales et en morales, et la subdivision de celles-ci en cardinales et en subordonnées ou annexes, sont pleinement conformes à la doctrine révélée et à la véritable psi/chologie surnaturelle; V importance exceptionnelle de la vertu morale et annexe de religion permet cependant de lui assigner un ramj interm.édiaire après la foi, Tespérance, /a charité, et avant /a prudence, /a justice, la force, /a tempérance.

13. — La notion générale des vertus surnaturelles, leur division, leur classification, appartiennent principalement, on l'a vu (1), à nos Traités de Métaphysique surnaturelle. Nous avons du pourtant, à plusieurs reprises, en dire quelque chose en Logique (2) et en Morale fondamentale (3). 11 est moins nécessaire ici d'} revenir, parce que tout le monde sait comment Dieu nous donne, dans l'ordre surnaturel, des facultés ou

(1) Ci-dessus, n» 11.

(2) Logique surn. siihj., Tliéor. XXl-XXV.

(3) Morale surn. fondam , Ttiéur. XXl-XXV.

1^' TPATTÉS DKS VERTUS

puissances complémentaires destinées à mettre notre intelligence et notre volonté en état d'agir surnaturellement, et ainsi de mériter surnaturellement la vision béatifique. — A VinteUirjence sont accordées ou infuses les vertus surnaturelles de foi et de prudence; à la volonté, celles à'espérance et de charité puis celles de justice, (le force, de tempérance, avec leurs annexes -w subordonnées.

1-4. — On pourrait donc fort bien distribuer toutes ces énergies saintes en deux catégories. D'abord, catégorie des vertus cognoscitives : la foi éclairant surtout la spéculation, et la prudence dirigeant surtout l'action. Ensuite, catégorie des vertus appctitivcs : l'espérance et la charité ^sanctifiant surtout les mouvements de la volonté; et \a justice, la force, la tempérance, présidant surtout à l'exécution de ses ordres. — Mais saint Paul a introduit une autre classification, groupant ensemble « la foi, l'esjiérance, la charité, ces trois choses (1); » et invitant, par le fait même, les théologiens catholiques à grouper ensemble la prudence, la justice, la force et la tempérance, comme l'avait déjà fait le plus savant et le plus exact des philosophes grecs, Aristote(2). — Un examen approfondi des éléments compris dans chacune de ces deux classes a montré que les premiers ont pour terme innnédiat un aspect essentiel et substantiel de Dieu; et les derniers, un devoir moral de Vhomme. Car la foi répond à la vérité infinie, l'espérance à la véracité infinie, la charité û la bonté infinie; tandis que la prudence^ répond à l'obligation où l'homme est de vivre selon la raison: la justice, à l'obligation de respecter l'égalité sociale; la force, à l'obligation de souffrir et de combattre autant qu'il le faut; la tempérance enfin, à l'obligation de proportionner ses joies et ses plaisirs à la valeur l'éelle àcs biens qui

(lOoR., XT, 13 — ]/cmploi du pluriel neulrc au lieu du pluriel féminin qui pouvait cjnvenir aux trois vertus, montre bien leur réalité objective : ce sont trois rliosi t.

('*) Cf. S. TncMAM in Lthicam a'J Sicom., 1. Il, lecl. 8.

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