L'expression de l'acte de foi
Théorème XXXV.
262. — L'acte de foi théologale doit ^'exprimer dans les œuvres de la vie chrétienne tout d'abord, 'puis dans les formules officielles et officieuses que VÉglise propose à ses fidèles^ enfin dans les témoignages que ceux-ci rendent très utilement à la vérité de la doctrine révélée.
263. — La fécondité de l'acte de foi implique, dans les croyants adultes, qu'il s'exprime et se traduise par des œuvres surnaturelles, intérieures ou extérieures à l'âme, individuelles ou sociales. — La raison fondamentale en est que la vie chrétienne, comme d'ailleurs la vie simplement humaine dont elle est le perfectionnement, n'est pas uniquement théorique, spéculative, contemplative; mais qu'elle est également pratique, active, opérative. Or, Dieu a voulu surnaturaliser cette vie tout entière dans ses deux séries d'actes, dans ses œuvres non moins que dans ses pensées. La foi, premier germe de cette double sanctification , ne saurait donc se renfermer dans la sphère de la connaissance : elle doit aussi rayonner dans celle de V action; elle doit se révéler et se manifester par de bonnes œuvres, par de saintes œuvres, par des œuvres religieuses et vertueuses. — Et comme le terrain où elle les doit produire est tout ensemble intérieur et extérieur; que c'est le monde invisible auquel appartient l'âme , et le monde visible où le corps se
primum, quid iiltimum teiieatur: inchoari pde, perfici specie, ha?c etiam totius definilionis est summa. » (August., Enchiridion, ii. 5.) — Il est difficile de mieux marquer la tendance spontanée et vitale de la foi, des son commencement, au complet développement de son énergie surnaturelle dans la vision béatifique. — Lors même que Vinitium fidei serait pris ici dans le sens d'acte de foi initial, la pensée du saint Docteur resterait la même : la grâce tendrait spontanément et vitalement à la gloire.